24 juin 2025 (15e sortie) : Julierpass, Albulapass, Berninapass et Forcola di Livigno

J1 : 13 h de train

J2 : 13 h de train

J3 : 125 km – 2350 m de D+ – Julierpass (2284 m), Albulapass (2315 m), Berninapass (2328 m), Forcola di Livigno (2315 m)

Voilà une journée qui sera inoubliable quoiqu’il arrive, pour toute ma vie.

Je suis arrivé la veille en fin d’après midi (vers 18h30) à Tirano dans un petit hôtel que j’avais trouvé. J’étais bien fatigué, j’ai dû attendre en plus que la personne revienne puis j’ai demandé (dans un anglais scolaire) si je pouvais monter mon vélo dans la chambre. On m’a dit oui.

Je suis ensuite allé chercher une épicerie pour acheter de quoi manger.

Ça fait vraiment bizarre de parcourir de nouveau cette ville après y avoir déjà posé mes roues en 2017. Cette année là j’avais pris la pluie puis un orage de grêle dans le Stelvio, puis le Gavia s’était fait avec une météo incertaine et après 2 jours à grimper dans le mauvais temps, j’avais opté pour laisser tomber le Mortirolo et rejoindre la gare de Tirano par la vallée pour ensuite prendre le train pour rejoindre Monza dans la banlieue de Milan.

Après avoir trouvé une épicerie fort chère, je suis rentré me poser dans la chambre (le supermarché le plus proche est à la sortie de la ville à quelques kilomètres sur une route à forte circulation). D’ailleurs c’est ça qui m’a le plus marqué, les files interminables de voitures et de camions qui traversent en permanence la ville…

Après avoir grignoté et préparé mon sac pour le lendemain, je me suis couché.

J’ai passé une très mauvaise nuit, la chaleur est étouffante. Moi qui étais déjà épuisé, ça ne va pas arranger les choses…

Je me lève à 6h15, je mange un peu et je me prépare. Ça y est, ça va être ma première journée de vélo de mes vacances ! J’ai hâte ! Au menu, une journée en Suisse. Je vais reprendre le Bernina express pour 2h30 de train supplémentaires pour remonter par la ligne touristique qui passe au sommet du Berninapass pour rejoindre Saint Moritz d’où je compte démarrer. Je souhaite grimper au Julierpass (2284 m), à l’Albulapass (2315 m), au Fluelapass (2383 m) si je peux en prenant un autre train pour faire une partie de la vallée, le Berninapass (2328 m) et si je peux le Forcola di Livigno (2315 m).

J’ai le train à Tirano à 7h30 pour une arrivée à Saint Moritz à 10 h, il ne va pas falloir trainer pour faire tout ça surtout que si je veux aller au Fluelapass, il faudra bien viser les trains en fonction du rythme d’ascension pour ne pas les louper car la sortie s’annonce au dessus de 180 km !

Bien sûr, en fonction des aléas et des jambes, je peux zapper des choses, le but premier est quand même de profiter et de prendre du plaisir à pédaler et à voir des paysages.

Ce matin là, 24 juin, il fait déjà doux, on est en pleine période caniculaire et ça ne va pas s’arranger…

J’arrive à la gare, je monte dans le train pour refaire la ligne de la veille dans l’autre sens. Je m’installe près d’une vitre, prêt à en prendre plein les yeux.

Le train part. Et moins de 10 minutes plus tard, alors que le train se trouve sur la frontière entre l’Italie et la Suisse, ma compagne m’appelle pour m’annoncer une heureuse nouvelle, c’est dans un état indescriptible que j’ai regagné mon siège.

Voilà qui lance les vacances sur les chapeaux de roues^^

La suite du trajet se passe, j’en prends plein les yeux, ça défile aussi dans ma tête. Un touriste étranger assis avec sa femme quelques sièges derrière est venu violemment fermer la vitre à côté laquelle j’étais assis sans dire un mot. J’ai rouvert en lui demandant des explications. Visiblement ils avaient froid mais la cordialité ne semble pas être ce qui l’anime et pour le coup, il s’agit d’un train touristique d’altitude suffisamment cher, je veux en profiter et pouvoir prendre des photos (comme la plupart des gens dans le train du reste), il ne faut pas venir sinon…

La vue est superbe sur le glacier de Bernina. J’en prends plein les yeux et en descendant sur Saint Moritz je vois la route que je vais grimper sur le vélo en théorie en fin de journée pour revenir à Tirano.

Je ne suis pas fâché d’arriver à Saint Moritz. Mais comme je l’ai dit, je ne devais pas trainer, mais ça commence bien sûr par un coup de fil à Mélissa pour savoir ce qu’a donné la suite des rendez-vous qu’elle a eu. Je ne suis pas avec elle dans ce moment et c’est un peu dommage, mais je suis aussi là pour prendre un max de plaisir.

On doit se rappeler plusieurs fois au fil de ses rendez vous, je commence à pédaler sur le plateau pour aller au Julierpass. Je m’arrête plusieurs fois pour décrocher. Et…je commence à avoir déjà faim, le petit déjeuner date de plus de 4h de temps, je grignote déjà du coup. Décidément, ce qui devait être une des plus grosses sorties des vacances, commence déjà à patiner. La température monte vite.

Quand je me mets à pédaler pour de bon, je cherche un itinéraire pour passer outre le tunnel de voitures, je tente un chemin qui semble grimper au dessus mais après quelques centaines de mètres à 15 %, j’arrive devant un cul de sac au dessus de l’aération du tunnel^^. Demi tour pour redescendre sur le plateau et continuer pour rejoindre Silvaplana d’où il y a l’itinéraire pour cycliste qui part sur des pentes à 15 % et qui rejoint la route des voitures après le tunnel.

Le soleil est déjà haut en altitude, il fait chaud. La vue est dégagée. Les pentes les plus fortes sont au début et ensuite c’est plus roulant jusqu’au sommet qui arrive après environ 7 km d’ascension.

Enfin dans le Julierpass

Après avoir profité du paysage quelques minutes au sommet à 2284 m, c’est reparti pour la descente du même côté sur Silvaplana et son lac.

La route est en très bon état et permet de prendre de la vitesse et de se faire plaisir.

Une fois en bas sur le plateau de Saint Moritz, vue la circulation, hors de question d’aller à la Maloja de l’autre côté sur le plateau. C’est reparti de l’autre côté sur la route pendant 20 km environ pour aller jusqu’à La Punt Chamues ch, pied de l’Albulapass. J’ai réussi à trouver une petite route qui passe sur les hauteurs de Saint Moritz pendant plus de 15 km avant de devoir faire les 4 derniers kilomètres sur la grande route jusqu’au pied de l’Albulapass. La chaleur est écrasante et je transpire à grosses gouttes, c’est déjà le début de l’après midi et j’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup pédalé et pourtant la journée a commencé tôt…

Le vent souffle un peu de face… Je me sens fatigué. Je sais déjà que je n’irai pas au Fluelapass après, je n’ai pas du tout les jambes pour faire 180 km.

Une fois enfin arrivé au pied de l’Albulapass, je fais une pause pour manger une boîte de thon. Et puis c’est parti pour l’ascension, avec les 6 premiers kilomètres entre 8,5 et 9,5 % de moyenne et ensuite 3,5 km pour finir très roulants jusqu’à 2315 m d’altitude.

Dès le pied je suis en galère, je sens l’acide lactique dans les cuisses. C’est la canicule, je me sens à côté de la plaque. C’est dur. Et dire que j’ai encore le col de Bernina derrière… Heureusement que ce n’est pas très long pour la partie raide… Je passe la courbe où Gino Mader a trouvé la mort en chutant lors du tour de Suisse 2023. Un peu plus loin c’est avec soulagement que j’atteins le sommet. Même le final roulant a été laborieux malgré les 5 minutes d’arrêt pour les travaux^^ Heureusement c’est magnifique.

Au sommet

Au sommet je ne m’attarde pas trop car l’heure tourne et je redescends du même côté. Je fais un arrêt à la stèle de Gino Mader. Je fais des pointes à 75 km/h sans m’en rendre compte. Les travaux m’obligent à un long arrêt à nouveau pour la circulation alternée.

Une fois en bas, pour retourner au pied du Berninapass à Samedan ou Pontresina, pour m’éviter 15 km en pleine canicule vu l’état dans lequel je suis, j’opte pour prendre le train de La Punt jusqu’à Pontresina. 25 minutes de train que j’ai bien fait de faire, ça m’a permis de me mettre un peu au frais. Ça allait un poil mieux au moment de commencer le Berninapass. Il y en a pour 15 km roulants (seulement 2,5 km à plus de 7% dans le final) jusqu’au sommet à 2328 m d’altitude, mais sur une route à forte circulation, la route reliant l’Italie de l’autre côté. Mais heureusement, la route est large et le paysage magnifique avec la vue sur le glacier de Bernina et le Bernina piz à plus de 4000 m d’altitude. Sur le final, le train (le Bernina express) que l’on aperçoit rajoute un petit côté carte postale sympa. L’ascension parait longue et malgré les faibles pentes, les jambes ne sont pas faramineuses^^ Je ne suis pas mécontent d’arriver au sommet. Je reste quelques minutes. Je savoure le fait de ne plus avoir de pression. Si je veux rentrer direct sur Tirano où je loge en ce moment, j’ai plus qu’à me laisser descendre sur près de 35 kilomètres. Mais avant cela, malgré mes mauvaises jambes, j’aimerais bien faire le crochet au Forcola di Livigno qui ne fait que 4,5 km depuis le début de la descente du Berninapass côté italien.

Le glacier Bernina

Je m’élance pour la descente avec mon mal de jambes.

Mais finalement après le début de la descente, au moment d’arriver à la bifurcation, je décide d’y aller, après tout il n’y en a que pour 4,5 km de galère supplémentaire après avoir galéré toute la journée^^

La route est calme et j’en prends plein les yeux. Le paysage est majestueux et absolument sublime ! Les cuisses brûlent mais je sens que c’est bientôt la fin de la journée.

Sublime

J’arrive au sommet sur la frontière. Je profite quelques minutes, puis je me laisse descendre sur près de 30 km jusqu’à Tirano. Ouf, quel régal cette descente. Je fais un arrêt au lac de Poschiavo, magnifique que j’ai vu depuis le train le matin.

Lac de Poschiavo

A la fin, pas fâché d’arriver sur Tirano avec beaucoup de circulation… Je vais directement faire des courses à la sortie de la ville avant de rentrer. La douche fut appréciable et pour le coup, je suis tellement fatigué que je mange des boîtes de thon en guise de diner sans aller à l’extérieur.

125 km et 2350 m de D+ pour lancer les vacances. C’est pas mal mais c’est laborieux.

On va se préparer pour la sortie du lendemain maintenant avec un gros morceau qui m’attend.

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