27 juin 2025 (17e sortie) : Kitzbuheler Horn et Salzbourg

J1 : 13 h de train

J2 : 13 h de train

J3 : 125 km – 2350 m de D+ – Julierpass (2284 m), Albulapass (2315 m), Berninapass (2328 m), Forcola di Livigno (2315 m)

J4 : 89 km – 2150 m de D+ – passo del Mortirolo (1852 m) et passo de Aprica (1176 m)

J5 : 10 h de train

J6 : 55 km – 1350 m de D+ – Kitzbuheler Horn et Salzbourg

La veille fut une journée de transfert en train sur 10h pour rejoindre Tirano à Kitzbuhel en retraversant une partie de la Suisse. Dans le train international les places vélo ne sont pas hyper pratique car c’est un nombre limité de places (avec réservation obligatoire) et les guidons se gênent entre eux. Et petit moment drôle quand je cherchais mon numéro de place alors que seuls les vélos avaient une place attitrées, tout était marqué en allemand sur mon billet et c’est un autre passager qui a cherché avec moi avant qu’on comprenne^^

Me voici dans le train, les yeux écarquillés devant le paysage suisse puis autrichien qui se révèle devant moi. Je m’en vais découvrir le Tyrol. Le train parcours une vallée plate d’environ 4 à 5 km de large et bordée de massifs abrupts et de falaises impressionnantes. Mon point de chute pour 3 nuits sera Kitzbuhel, bien connu des skieurs. Pour ma part j’ai 2 gros morceaux dans la tête, à savoir le Kitbuheler Horn (1996 m) et ses 9,7 km à 12,8 % de moyenne qui en font une des ascensions les plus difficiles d’Europe et le Grossglocknerpass avec l’ascension du Hochtor (2504 m) et de l’Edelweisspitze (2571 m) sur une route vertigineuse avec une rampe finale de 14 km à 10 % de moyenne.

Et je voudrais aussi caser une virée à Salzbourg à 3 h de train de Kitzbuhel pour aller sur les terres de Mozart.

Un bon programme m’attend mais il va falloir jongler avec…la météo… En effet, après la canicule qui règne en Italie et en Suisse et même ailleurs, le choc thermique avec le Tyrol est impressionnant. La fraicheur et la pluie sont au rendez vous à mesure que je me rapproche.

A l’origine, j’envisageais de grimper le Kitzbuheler Horn vers 18 h en arrivant à Kitzbuhel et après avoir posé mes bagages. Mais en débarquant, un violent orage de grêle venait de frapper la ville. Les trottoirs sont recouverts de grêle, de nombreuses balconières sont tombées et les pompiers sont à pied d’oeuvre à plusieurs endroits. Le sommet du Kitzbuheler Horn est visible de temps en temps au milieu des nuages menaçants, il en est de même pour le Hahnenkamm (réputé pour sa piste de ski parmi les plus difficiles du monde) juste derrière. Rien de bien engageant…

Non, je ne vais pas y aller ce soir car je veux en profiter. Je vais modifier mon programme du lendemain pour Salzbourg en allant tôt le matin au Kitzbuheler Horn et en prenant le train en milieu de matinée pour arriver vers 13 h là bas.

Je rejoins la pension. La personne qui la gère est très sympa et parle un peu le français. Le petit déjeuner n’est servi qu’après 8 h ce qui ne correspond pas à mes départs matinaux, aussi me propose t-elle de me préparer un encas à emporter.

Je regarde la météo des 2 prochains jours, ça va être limite avec la pluie.

Après une courte nuit, c’est parti pour une journée intense. Tout est mouillé, il a plu dans la nuit, mais ça s’est arrêté. Il fait nuageux mais il y a une possibilité pour que j’échappe au brouillard. Je me prépare et c’est vers 6h45 que j’enfourche le vélo. Allez c’est parti !! Il y a un peu d’appréhension, mais c’est ça que j’aime. Je fais les 4 km d’approche dans la fraicheur, puis à la sortie de Kitzbuhel, je tourne à droite dans un lotissement et là…ça part direct sur du 12 %, puis du 14 % pour sortir de la ville et arriver sur un replat avec un panneau annonçant officiellement le pied de l’ascension : 9,4 % à 12,8 % de moyenne.

La route devient étroite et se cabre directement, toujours humide. Et là c’est juste dingue. La pente ne faiblira plus, la vue de la route devant soi, raide comme ça. Je me dresse sur les pédales, je vois l’altitude qui augmente rapidement sur mon GPS. Et à partir de là, je en regarderai plus en distance restante mais en dénivelé restant. Les lacets sont tous plus raides les uns que les autres et il n’y a aucun panneau, juste soi face à la pente. Sublime !Au 3ème kilomètre, dans la forêt, il y a une barrière à passer à pied. Je m’arrête pour traduire un panneau indiqué en allemand et je finis par comprendre que c’est interdit à toute circulation motorisée sauf ceux qui ont une autorisation, mais que normalement à vélo ça passe.

Dans le début de l’ascension, la brume et la fraicheur matinale, magnifique.

Je réenfourche le vélo et c’est reparti dans cette forêt bordée de grands pins très fins qui donnent une ambiance fantomatiques. Exactement comme dans les photos que j’ai maintes fois vues de cette ascension. Peu après, je sors de la forêt et la route devient encore plus étroite. Je croise quelques véhicules de techniciens de la station de télésiège en haut. Vers le milieu de l’ascension, il y a 1,3 km à plus de 16 % de moyenne avec des pointes à 19, dantesque ! Mais les jambes continuent de tourner, finalement je suis bien, j’ai un rythme qui me convient. Un rythme régulier et je continue de voir défiler l’altitude. On monte si vite en altitude que le paysage et le panorama change à grande vitesse. Les vues sur les lacets juste en dessous et qui paraissent si bas alors qu’ils ne sont pas loin, sont saisissantes.

A environ 3 kilomètres du sommet je passe sur un replat de 15 mètres au niveau de la gare de télésiège juste derrière laquelle se trouve un portillon. Je suis obligé de descendre de vélo pour le passer et juste derrière ça repart à 19 %. Aaargh, il n’y a pas un seul mètre de plat pour repartir à l’aise^^ Bon ça va ça l’a fait pour le redémarrage, je suis reparti droit. Le final est dantesque, en plus avec les nuages et la brume qui se faisait de plus en plus, quelle ambiance géniale !!Les 2 derniers kilomètres se font dans le brouillard sur une route pas plus large qu’une piste cyclable sur des pourcentages toujours plus forts avec les derniers mètres jusqu’à l’antenne qui sont sur des pentes à 22 %. Là on s’aplatit un peu plus sur le vélo^^

ça y est !! Je suis en haut à 1996 m d’altitude au bout du bout de la route. Des personnes bricolent sur le télésiège, tandis que je me couvre dans le brouillard sans voir grand chose.

Devant l’antenne du sommet

1250 m de dénivelé avalé et mon compteur indique à peine 14 km. Allez, je ne vais pas trainer car il fait très frais et j’ai un train à prendre.

Je m’élance dans la descente vertigineuse, c’est impressionnant de voir cette pente devant mes roues. Les freins vont bien charger^^ Surtout que quand je suis sorti du brouillard j’ai fait plein d’arrêt photos pour immortaliser ce moment. C’est tellement raide et étroit que c’est impossible de prendre de la vitesse.

Raide raide
La vue est vertigineuse
Des chevaux autrichiens
Les grands pins caractéristiques du début de l’ascension.
En bas

Après une descente tranquille, je termine les derniers kilomètres de plat pour rejoindre mon hébergement. Il est à peine 9 h du matin. Le temps de me doucher, me changer, de refaire mon sac et je repart à vélo à la gare, direction Salzbourg pour la suite de la journée !

Il est à peine 10 h du matin mais la journée est bien lancée. Après 3h de train à travers le Tyrol en passant dans certains lieux connus comme Hochfilzen pour le biathlon, j’arrive à Salzbourg vers 13 h.

J’ai un peu moins de 4h30 devant moi avant le train du retour. Je m’assois sur le parvis de la gare pour manger le sandwich que m’a préparé la responsable de la pension pour le petit déjeuner que je n’ai pas pu prendre à cause de mon escapade matinale,j’en profite pour appeler ma douce quelques minutes.

Puis ensuite j’enfourche mon fidèle vélo qui en voit du pays, pour aller vers le centre historique de Salzbourg. Après quelques encablures je me retrouve dans la cohue des rues piétonnes avec un festival en préparation. Je pousse mon vélo et j’en prends plein les yeux !

Salzbourg avec sa forteresse en hauteur

Le surnom de la ville aux 1000 églises n’est pas usurpé, il y a des édifices magnifiques à chaque coin de rue. Je marche au hasard des rues et des places et c’est un défilé d’endroits magnifiques, je quitte une place superbe pour en trouver une tout aussi belle 100 mètres plus loin au coin de la ruelle suivante. Ça faisait longtemps que j’avais envie de venir poser mes pieds et mes roues dans cette belle ville. Je me régale. Bon l’objectif reste la maison natale de Mozart, moi qui aime le piano et qui en ai fait un petit peu en parallèle de ma scolarité. Après une galerie en bois et une petite place toute belle, j’arrive devant la fameuse maison. La foule est dense. Je décide de prendre dans les rues adjacentes pour trouver un endroit pour attacher mon vélo et après avoir tourné au hasard dans une rue, je vois un magnifique garage à vélos permettant à des dizaines et des dizaines de personnes de pouvoir attacher leur vélo. Hé bien voilà, mon destrier sera en bonne compagnie et à première vue en sécurité tant donné la quantité de vélos et que la rue est très passante.

La maison natale de Mozart
Mais où est donc mon vélo ?

Je peux ainsi retourner à la maison natale de Mozart et aller la visiter. Il y a un peu de monde mais ça va. A l’intérieur du musée les pancartes sont en allemands mais aussi en anglais ce qui me permet de suivre et de comprendre. Quelle émotion de passer dans la chambre dans laquelle il a vu le jour le 27 janvier 1756 et de voir aussi le premier violon qu’il a eu lorsqu’il était encore tout petit. Une bien belle visite.

Une fois revenu à l’extérieur, je n’avais pas le temps d’aller jusqu’à la forteresse en hauteur pour profiter de la vue panoramique, alors j’ai repris mon vélo pour rejoindre les pistes cyclables le long du Salzach et pédaler avec un petit crochet en Allemagne sur l’autre rive. Des gouttes de pluie commencent à tomber, alors après 1 heure de vélo sur les pistes, je rebrousse chemin , je repasse en Autriche pour revenir vers la gare de Salzbourg où mon train est dans pas longtemps. La gare est bondée, je ne comprends pas tout sur ce qu’ils racontent sur le train que je dois prendre mais j’en ai conclu que l’avant du train allait à un endroit et l’arrière à un autre. Le compartiment vélos se trouve pile au milieu, je m’y suis installé et après avoir demandé confirmation à un contrôleur, je me suis assis tranquillement.

Le Salzach sur la frontière, l’Allemagne à gauche, l’Autriche à droite !

Il y avait un groupe d’adolescents un peu bruyants dans qui est monté dans le compartiment vélo, j’étais un peu fatigué, heureusement ils sont descendus après 1h de temps. Je suis revenu à Kitzbuhel en début de soirée, juste le temps d’aller me chercher de quoi manger à la supérette avant d’aller enfin me poser dans la chambre et préparer la journée de demain.

55 km et 1350 m de D+ pour ce jour, mais quelle ascension et quelle visite !!

Le Kitzbuheler Horn en rentrant en fin de journée

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