J1 : 13 h de train
J2 : 13 h de train
J3 : 125 km – 2350 m de D+ – Julierpass (2284 m), Albulapass (2315 m), Berninapass (2328 m), Forcola di Livigno (2315 m)
J4 : 89 km – 2150 m de D+ – passo del Mortirolo (1852 m) et passo de Aprica (1176 m)
J5 : 10 h de train
J6 : 55 km – 1350 m de D+ – Kitzbuheler Horn (1996 m) et Salzbourg
J7 : 113 km – 2500 m de D+ – Grossglockner / Hochtor (2571 m)
Allez, c’est parti pour ma deuxième et dernière journée entière en Autriche. Après le Kitzbuheler Horn et Salzbourg la veille, aujourd’hui mon objectif est le Grossglockner avec la Haute route alpine qui y passe (grosse cloche en français).
Il s’agit d’une route touristique à péage (gratuite pour les cyclistes) construite dans les années 1930. La route grimpe entre Bruck (province de Salzbourg) où je peux arriver en train depuis Kitzbuhel et Heiligenblut (province de Carinthie) et passe par le tunnel du Hochtor (2504 m), col routier le plus haut d’Autriche. Côté Bruck, la route grimpe sur 34 kilomètres avec sur la dernière partie 14 km à 10 % de moyenne en passant par le Fuschertorl (2428 m) et le Mittertorl (2335 m) après une petite descente sur un lac et avant la remontée finale sur le Hochtor. Sur ce même versant, juste avant le Fuschertorl, une petite route en pavés permet de grimper jusqu’au belvédère de l’Edelweisspitze à 2571 m d’altitude point culminant de la route d’où on peut voir 37 sommets à plus de 3000 m d’altitude.
De l’autre côté, on peut rejoindre de la route principale, une petite route qui va dans la vallée de la Molltal jusqu’à Kaiser-Franz-Josefs-Hohe à 2369 m d’où le point de vue sur le glacier de Pasterze est magnifique, un des plus grands glaciers d’Autriche.
J’avais bien envie d’aller jusque là, mais ça nécessite de grimper par Bruck, descendre de l’autre côté, grimper ensuite toute la vallée pour redescendre sur la route principale et regrimper après jusqu’au Hochtor sur des pentes à 10 % pour rebasculer dans la descente vers Bruck. Il faudra que je vois sur le moment comment je le sens pour les jambes et le timing avec le train.
Avec la météo ce n’est pas gagné. Il a de nouveau plu dans la nuit et la météo du jour indique nuageux pour le matin et risque de pluie à partir de la mi journée avec beaucoup plus de certitudes de précipitations dans l’après midi… Et dire que partout ailleurs en Europe c’est la canicule.
Comme je vais partir tôt et ne pas avoir le temps de beaucoup manger, la responsable de la pension m’a permis de me préparer un sandwich. Je pars vers 7h10, j’ai le train à 7h30 pour rejoindre la gare de Bruck-Fusch à environ 1 h de train. Les trains autrichiens sont pratiques pour prendre le vélo avec soi (mais c’est payant). Le contrôleur me demande avec un sourire si je vais bien au Grossglockner. J’ai un peu d’appréhension, les nuages sont nombreux, j’ai déjà faim, je ne me sens pas en grande forme, j’ai le sentiment que ça va être dur cette ascension. Il y a un autre cycliste dans le train, nous descendons tous les deux à Bruck Fusch, nous nous saluons au moment d’enfourcher nos vélos.
Allez, c’est parti pour 34 kilomètres d’ascensions avec d’abord 20 km à grimper pour remonter la vallée pour passer Fusch puis rejoindre le péage de Ferlchen à 14 km du sommet. Sur cette première partie roulante, il y a une piste cyclable bienvenue sur les 7 premiers kilomètres. Ensuite lorsque la piste se termine, la route est large et roulante avec de longues lignes droites. Je pédale péniblement dans la fraicheur, les jambes ne tournent pas bien et je me sens un peu vidé. Il y a pas mal de circulation et aussi pas mal de groupes de cyclistes. Les kilomètres défilent lentement, la portion n’est pas super agréable. Au bout d’une grosse dizaines de kilomètres, je m’arrête pour manger mon sandwich. Je bois un peu de sucré aussi, ça me requinque un peu au moment de repartir. La route se met à monter un peu plus raide jusqu’à passer 1 km à 10 % avant que ça ne redevienne roulant sur quelques kilomètres. Et là je débouche au péage. Il y a plusieurs voies pour les voitures, motos, camping car et bus tandis que pour les cyclistes et les piétons, une petite voie passe à droite avec un portillon.
Ça y est, m’y voici enfin, au pied de l’épouvantail. Il me reste encore 14 km à 10 % de moyenne pour arriver en haut. C’est dommage les nuages, ça va un peu boucher certains points de vue, mais bon. Je grignote un peu et c’est parti.


Et là, malgré la forme pas optimale, je vais prendre un maximum de plaisir ! La route est large, il y a des centaines et des centaines de cyclistes, beaucoup de circulation mais personne ne se prend la tête, les voitures, les motos, les camping car, tous s’écartent comme il faut et attendent d’avoir passé le virage tandis qu’à vélo on trouve forcément quelqu’un devant soi ou juste derrière qui roule à la même vitesse et avec qui on peut partager un bout de chemin.
La route est large, en très bon état et grimpe sur une pente régulière forte avec des beaux lacets, certaines parties sur pilotis et on escalade la montagne ainsi avec des paysages imposants et majestueux dans lesquels à vélo on se sent tout petit. Qu’est ce que c’est bon !
J’arrive à trouver un rythme régulier. Je rattrape du monde et d’autres cyclistes me dépassent. Je roule à la même vitesse que quelques cyclistes autour de mois et nous progressons ensemble. Il fait de plus en plus frais et au fil des kilomètres je me sens de mieux en mieux et j’arrive à accélérer petit à petit mon rythme, ça fait plaisir. Mon sac est lourd mais au moins j’ai tout ce qu’il faut si jamais il pleut ou si il fait trop froid.
Je fais quelques arrêts photo et un arrêt grignotage. La route et une oeuvre d’art ! Pendant plusieurs kilomètres je pédale aux côtés d’une cycliste, nous parlons en anglais, c’est sympa (mais je ne sais plus de où elle était^^).
Puis ensuite un peu avant 2400 m d’altitude je passe devant la bifurcation avec la petite route pavée qui monte à l’Edelweisspitze en 1,5 km entre 12 et 15 %, j’y passerai en revenant, je continue sur la route principale et au détour d’un virage je débouche sur le Fuschertorl. Là la route se met à descendre sur environ 200 m d’altitude en 2 km jusqu’au Fuscher lacke avant de remonter de plus belle vers un tunnel pour passer le Mittertorl (2335 m). Au niveau du lac, beaucoup de bus sont garés et des centaines de randonneurs montent à pied sur le bord de la route, c’est impressionnant.




Je continue de grimper et j’arrive devant le deuxième tunnel, le tunnel du Hochtor où 2 personnes régulent la traversée du tunnel en circulation alternée. Je traverse et j’arrive de l’autre côté du tunnel, ça y est !
Je suis arrivé au Hochtor à 2504 m d’altitude. La vue est un tout petit peu plus dégagée de l’autre côté. Il ne fait pas chaud, un panneau indique 9°C. Je me couvre le temps de grignoter un peu. Je discute quelques minutes en anglais avec une randonneuse. Je réfléchis car j’ai envie d’aller jusqu’au glacier mais quand je vois la route qui descend raide de l’autre côté, qu’il faudra ensuite faire la vallée puis remonter par cette route, je pense que ça risque de me faire un peu trop. Je me sens tiraillé. Mais ce ne serait pas raisonnable.




Je vais donc repartir du même côté. Je retraverse le tunnel pour redescendre par le même versant.
J’ai les doigts rapidement engourdis.






J’arrive rapidement de nouveau au niveau du Fuscher lacke et là, ouch les jambes, il y a 2 kilomètres à 10 % à remonter, là le changement de braquet fait mal aux pattes, la forme n’est pas exceptionnelle et c’est dans les moments comme ça que je le sens^^ Je recroise certains cyclistes que j’ai vu dans l’ascension et qui ont dû aller à l’Edelweisspitze à l’aller. Les points de vues sont impressionnants sur ces changements de pente. Après cette remontée, je débouche de nouveau au Fuschertorl. Je traverse le grand parking pour aller chercher la petite route pavée qui monte au belvédère de l’Edelweisspitze. Mais malheureusement, le brouillard est remonté de ce côté ci et je ne vais pas voir grand chose à première vue… Le pavé est différent de celui de Paris-Roubaix, mais ça grimpe raide, ça pourrait plutôt rappeler les monts du Tour des Flandres. La fatigue se fait ressentir, mais je monte régulièrement, seulement interrompu par un feu de circulation alternée.







Et effectivement, en débouchant là haut à 2571 m, je ne suis pas sorti du brouillard, il n’y a rien à voir, circulez ! Dommage, ce n’est pas loin de passer au dessus pourtant. C’est normalement un point de vue exceptionnel sur 37 sommets à plus de 3000 m d’altitude…
Allez, ce coup-ci je repars pour plus de 30 km de descente, je vais pouvoir souffler.
Je fais énormément d’arrêts photos tout au long de la descente, j’en prends plein les yeux et je profite.












Une fois revenu à Bruck tout en bas, j’ai du temps avant de reprendre mon train. Je décide de prendre une petite route pour rejoindre le lac de Zell am See. Un beau petit lac au bord duquel je trouve un banc pour m’arrêter et manger mes boîtes de thon. Ça fait du bien. Après quelques minutes, je repars pour continuer le tour du lac puis faire quelques autres détours autour de Bruck jusqu’à l’heure de mon train.



Puis en revenant à la gare sur le quai, quelle surprise de retrouver le cycliste qui était aussi dans le train le matin. Nous nous saluons et échangeons sur nos journées. Il est du Tyrol. Il est allé jusqu’au glacier et retour, ce que j’avais envie de faire. Il m’a montré quelques photos magnifiques, il a pu échapper aux nuages de l’autre côté et avoir un point de vue sympa. Peut être une prochaine fois pour moi. En tout cas c’était sympa d’échanger. Il y a toujours ce petit côté où quand tu commences à récupérer tu te dis que tu aurais peut être pu y aller mais finalement en réfléchissant bien, sur le moment je n’avais pas les jambes pour cela^^
Je suis revenu à Kitzbuhel en fin d’après midi sous de beaux rayons de soleil. J’en profite pour aller me balader à pied en ville, jusqu’à l’église et son cimetière sympa à voir.



Voilà une autre belle journée autrichienne. 113 km et 2500 m de D+ avec le plus haut col routier d’Autriche (pas la plus haute route en revanche).
C’est ainsi que la partie autrichienne de mon périple prend fin.
Je prépare mes affaires car le lendemain je reprends le train dès 5 h du matin pour repartir vers l’ouest en Suisse et surtout au Liechtenstein.



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