11 novembre 2021 (47e sortie) : 150eme ascension du col du Tourmalet !

110 km – 2000 m de D+

Jeudi 11 novembre, jour férié. La météo devrait se maintenir tout au long de la journée.

Je l’avais en tête depuis quelques jours, l’occasion d’aller grimper le col du Tourmalet pour la 150eme fois !! Voilà plus d’un mois que je l’ai mis en attente et pourtant il a fait beau en octobre, mais je me suis retenu. Je voulais le fêter avec une personne en particulier le week end du 6 et 7 novembre. Je n’ai finalement pas pu y aller juste avant ce week end à cause du froid et de la neige qui est tombée à 800 m d’altitude rendant le Tourmalet impraticable. Mais ce n’est pas bien grave, nous l’avons fêté avec quelques jours d’avance. Il a refait plutôt beau ces derniers jours et ça a fondu pas mal, la route après La Mongie avait été dégagée par des chasses neige et en plus elle est fermée aux voitures !

Allez c’est l’occasion pour ce 11 novembre !

Par contre, ça fait presque 3 semaines que je n’ai pas pédalé en montagne, il fait froid, j’ai été un peu patraque ces derniers jours, ce sera en mode tranquille pour profiter et puis c’est tout.

Il est possible qu’ils aient salé la route en montagne pour éviter le gel, ça c’est terrible pour le vélo car ça risque de foutre en l’air la chaine, la transmission jusqu’aux roulements… Pour ne pas prendre le risque de salir mon vélo habituel, c’est le Grandsaigne, le vieux vélo de route qui aura les honneurs du 150eme !!

Ce sera donc sortie en baskets !

Un gros paramètre à prendre en compte c’est le froid. Je ne vais pas partir trop tôt car à Tarbes le matin, il ne fait pas chaud non plus, pas question de prendre trop de risques pour mes doigts et les engelures après ce que j’ai eu l’hiver précédent je suis sur le fil du rasoir dès lors que les températures baissent un peu…

Du coup j’ai opté pour un départ vers 9 h, de quoi envisager être au sommet aux alentours de midi et de ne pas non plus être en haut quand il fait -8…

Je mets des longues chaussettes fines qui remontent jusqu’aux mollets, par dessus des chaussettes de sport, de quoi toujours rentrer dans mes baskets, jambières évidemment. Et maillot d’hiver qui colle au corps, veste thermique et 2 écharpes. Et pour les gants, mes gros gants d’hiver bien sûr et les sous gants dans le sac en prévision de la descente.

Allez, j’enfourche le vélo, le ciel est plutôt dégagé mais c’est bien chargé sur le côté Est…

Après 2 kilomètres, je me rends compte que j’ai oublié mon bidon d’eau, j’hésite, il fait froid, je sais que je ne boirai presque pas de la sortie, mais bon, la raison me fait faire demi tour pour aller le chercher, je n’étais pas bien loin.

Je repars avec mon bidon. Sur ce vélo, je n’ai pas de compteur, je pédale donc sans indication de vitesse ni d’heure. En aveugle, mais au moins là je roule tranquillement sans forcer aucunement.

J’apprécie d’être de nouveau sur un vélo en direction des montagnes. Quel bien fou ça fait !! En plus là, j’avais vraiment besoin de cogiter, il y a beaucoup de choses qui se mélangent dans la tête et pédaler fait du bien pour tout ça !

Les kilomètres dans la plaine puis la vallée défilent. Je sens que les jambes sont pas mal, j’ai de la force dans les cuisses et ça avance. Le col du Tourmalet est indiqué fermé car maintenant les voitures n’ont plus le droit de rouler après La Mongie pour l’hiver, mais je suis quasi sûr qu’il est praticable. De toute façon, je veux arriver en haut quoiqu’il arrive, c’est qu’on l’a fêté le week end précédent pardi !!

Je passe Sainte Marie de Campan, quel plaisir d’y être de nouveau dans l’ascension du col du Tourmalet, plus d’un mois que je m’en suis volontairement privé !! Que ça fait du bien !! Après Gripp, je prends un rythme régulier. Je sais que je vais devoir m’arrêter pour manger 2 ou 3 barres céréales car je n’ai pas mangé depuis le départ avec le froid mais tôt ou tard j’aurais une fringale. Et comme je dois enlever mes gants et tout ça, vaut mieux que je m’arrête. Et ce coup-ci je prendrai aussi la plupart de mes photos dans la montée car dans la descente j’aurais froid et à enlever et remettre mes gants ça risquerait de ne pas faire du bien à mes doigts.

Le ciel s’est bien chargé et est presque menaçant, je commence même à repérer les endroits où je pourrai aller m’abriter si jamais il se mettait à pleuvoir… Je roule de façon régulière, je prends mes photos, le ciel plus dégagé semble revenir de la plaine derrière moi, ouf, je peux continuer de savourer ! Quel plaisir, quelle chance. A La Mongie, les barrières bloquent l’accès sur la suite de l’ascension et pour la première fois ils ont mis un panneau d’interdiction pour les cyclistes… Ben dis donc… Je contourne et me retrouve seul sur ces 3,5 derniers kilomètres, mon 150 eme comme ça, le top. La neige sur les bords de la route comme décor, que demander de plus. Les jambes sont là et me permettent de grimper sans avoir l’impression de forcer.

Et là, tous les souvenirs s’entremêlent dans ma tête, depuis ce 15 juillet 2009, date de ma première ascension du col du Tourmalet, 150, les moments de joie, de doutes, de colère, de grande décisions à prendre, de partage, de profonde tristesse, de très hautes vibrations aussi !

Il y a eu ce 111eme Tourmalet bien sûr, la montée puis la descente à VTT sur la neige, les 2 ascensions dans le blizzard de neige, vent glacial et gros flocons qui fouettent le visage avec la route qui disparait et tout seul dans ce décor incroyable, il y a eu cette ascension sous les orages avec les éclairs juste à côté de moi et les poils des bras dressés, les ascensions en chemisette entre 2 rendez vous quand j’avais mon entreprise, se tirer la bourre avec des cyclistes du monde entier, attaquer ou faire exploser ou exploser moi même en s’amusant avec les autres comme quand je regardais le Tour de France, les 3 variantes du Tourmalet en suivant, les 4 ascensions par Sainte Marie de Campan en suivant, l’enchainement du Cercle de la Mort, le défi à 10 000 m de D+, la pluie battante et l’hypothermie après la Montée du Géant en 2011, les ascensions à bloc, finir à quatre pattes sur le verglas à trainer mon vélo à 400 m du sommet, avec du vent à plus de 100 km/h, au milieu des brebis lors de la transhumance, des moments de partages avec les amis, des moments de très hautes vibrations aussi, des moments de tristesse, les descentes à tombeaux ouverts sur le cadre…

Bref, un condensé de ma vie sur les pentes du Tourmalet. Quelle chance !! Quelle chance d’avoir tous ces souvenirs sur un lieu aussi mythique connu dans le monde entier et qui fait rêver les cyclistes aux 4 coins de la planète. Et quelle chance aussi de traverser les routes sur lesquelles j’ai grandi (Campan, Bagnères) à chaque fois que j’y vais. Le petit enfant qui a grandi là, regardait le Tour de France à la télé en se demandant comment c’était possible de grimper un col à bloc !

Petit florilège en photos à la fin.

C’est avec tout ça en tête que je suis arrivé au sommet de ma 150eme ascension pour ma reprise après 3 semaines.

Au sommet ! Pour la 150eme fois !

C’est 134 ascensions par Sainte Marie de Campan et 16 par Luz Saint Sauveur, soit 5164 kilomètres parcourus entre ces 2 villages. C’est incroyable !!

Au sommet je profite du paysage, 2 charentais arrivent au sommet par l’autre versant et me demandent de les prendre en photo.

Puis c’est parti pour la descente, je mets mes sous gants sous les gants, je double mes écharpes, je mets mon k way et zou c’est parti, avec un beau rayon de soleil qui fait un bien fou !!

Il fait très froid d’un coup, mais c’était prévisible et je le supporte bien. Je tremble de tous mes membres mais je n’ai pas non plus de pause photo à faire car j’ai déjà tout pris en photo et je peux négocier la descente rapidement et arriver en bas avec des températures un peu meilleures. Je vais garder tous mes vêtements chauds durant tout le retour dans la vallée et la plaine. J’ai plutôt bien roulé, signe que le fond est bon dans les jambes pour la reprise.

Ça fait une sortie de 110 km et 2000 m de D+ pour la reprise et je me serai bien grimpé le col d’Aspin en suivant mais bon, j’avais envie de fêter mon 150eme Tourmalet avec des Toblérones apportés par ma coéquipière le week end précédent !!

Et petit clin d’oeil du hasard, moi qui suis un féru d’Histoire de France, du monde et du cyclisme, cette année j’aurais grimpé mon 150eme col d’Aspin le 8 mai et mon 150eme col du Tourmalet le 11 novembre pour les 2 dates des armistices.

Peut être que j’en grimperai encore des dizaines comme peut être qu’il n’y en aura plus jamais, on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain, alors profitons de chaque instant, de chaque ascension, pleinement !

Voici en vrac quelques uns des souvenirs

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