15 août 2022 (15e sortie) : col du Tourmalet pour la reprise 94 jours après la chute

105 km – 1900 m de D+ – col du Tourmalet

Voilà, ça y est, enfin ce jour est arrivé ! J’ai pu remonter sur le vélo.

Très exactement 94 jours (3 mois et 2 jours) depuis ma grosse gamelle du 13 mai pas loin des 50 km/h.

Ces 3 mois ont été douloureux avec toutes les blessures. Les infirmières tous les 2 jours pendant 2 mois, puis 7 semaines à enchainer les séances de kiné pour rétablir mon épaule qui s’est retrouvée beaucoup plus touchée que ce qu’on pensait. Pour l’instant tout n’est pas encore remis en place, beaucoup de gestes sont douloureux, mais depuis 2 jours, j’ai enfin senti que je pouvais tenir les guidons du vélo sans douleur pour pouvoir pédaler.

J’allais donc pouvoir reprendre et voir à quels moments j’ai mal en pédalant.

Hasard des dates il y a 9 ans le 15 août 2013, je faisais une chute à 65 km/h dans les Alpes dans la descente du col du Glandon, qui m’envoyait aux urgences et aujourd’hui, je reprends le vélo après ce qui est maintenant, ma plus grosse chute.

C’est donc bardé de cicatrices aux coudes et à la hanche que j’ai enfourché le vélo, lui même portant les stigmates de la chute notamment au niveau des manettes de frein bien égratignées.

Pour cette reprise, j’avais un challenge dans un coin de la tête que je m’étais lancé seulement quelques jours après la chute en discutant avec des amis « je remonterai le col du Tourmalet à ma reprise ! »

Mais voilà, le problème c’est que finalement je n’ai pas repris le vélo seulement 2 ou 3 semaines après la chute mais 3 mois plus tard. 3 mois sans sport. Là je commençais à me poser des questions. La veille c’est plein de tension que j’ai préparé mes affaires comme quand je pars pour un très gros objectif sans certitude d’y arriver, sauf que là c’est « la sortie basique » au col du Tourmalet.

Dans tous les cas j’allais faire ce que je peux, je n’étais même pas sûr d’avoir les jambes et la forme pour remonter toute la vallée, je n’hésiterai pas à faire demi-tour si jamais c’était trop pour moi.

C’est sur les coups de 7h45 que j’ai enfourché le vélo.

J’avais l’impression de redécouvrir les joies du vélo. Qu’est ce que ça m’avait manqué !

Sentir l’air frais sur le visage, voir le paysage défiler et surtout, retrouver ce sentiment de liberté que seul le vélo peut procurer.

Quel plaisir d’être de nouveau sur le vélo !

Mon vélo est resplendissant après être passé en réparations aux bons soins de Tony. Les dernières grosses réparations pour ce vélo car il a maintenant 12 ans et ce coup-ci ça m’a coûté plus cher que le prix du vélo neuf en 2010 (mais le côté affectif pour ce vélo a pris le dessus).

Je peux tenir les guidons du vélo sans douleur. En revanche, dès que je me mets en danseuse, là ça m’élance au niveau de l’épaule droite. Il faudra que je fasse attention.

Et je sens de suite que je n’ai plus rien dans les cuisses^^

Je pédale dans la plaine en profitant de chaque coup de pédales. Mais avant même d’arriver à Bagnères, je sens déjà l’acide lactique qui me brûle les cuisses dans les faux plats. Ça va faire mal la suite…

J’hésite à faire demi-tour, ce serait raisonnable, mais j’ai une motivation et une envie débordante au fond de moi pour cette reprise. Ça me pousse à serrer les dents et à continuer.

ça a des grandes oreilles, mais ce ne sont pas des ânes, faut que j’essaye encore xD

Un problème auquel je n’avais pas pensé plus tôt fait son apparition, c’est que c’est très douloureux pour mon épaule d’aller attraper mon bidon pour boire. Faudra jongler avec ça aussi.

Plus j’avance dans la vallée et plus les pourcentages augmentent. Je ne suis pas collé à la route mais vissé à la route à ce stade^^

A la sortie de Campan, je rejoins la route principale et je passe sur les lieux de la chute. Il commence à y avoir beaucoup de voitures sur la route. Je suis parti tôt sans personne mais là c’est l’heure à laquelle les randonneurs montent en montagne. Et comme en plus j’avance moins vite qu’habituellement, je me retrouve à l’heure où il y a du monde…

ça grimpe de plus en plus jusqu’à Sainte Marie de Campan et je tire vraiment la langue… C’est dur, je n’ai vraiment plus rien dans les jambes. Je ne sais pas comment je vais faire…

Jusqu’au bout j’hésite à aller plutôt au col d’Aspin ou à la Hourquette d’Ancizan, mais finalement il y a quelque chose qui s’est débranché dans ma tête et je pars pour le Tourmalet.

Je ne donne vraiment pas cher de ma peau. Je suis déjà lessivé en passant Sainte Marie de Campan, les cuisses qui brûlent et vraiment fatigué.

Les premiers kilomètres roulants jusqu’à Gripp se passent en essayant de récupérer. Puis c’est parti pour 12,5 km à 9 % de moyenne. Le but est d’être à la dérive le plus tard possible. Je mets tout à gauche et je grimpe. La plupart du temps je reste donc assis sur la selle mais des fois je relance en danseuse malgré la douleur.

Malgré la difficulté, je savoure d’être en train de grimper de nouveau le col du Tourmalet. Comme si je redécouvrais la route^^ J’en prends plein les yeux.

Je transpire rapidement à grosses gouttes, heureusement que ce n’est plus la canicule ! Au fil des kilomètres ma vitesse s’effondre, mais j’arrive quand même à avancer sans être à la dérive. Il y a du monde.

Jusqu’au panneau des 7 kilomètres, ça s’est plutôt globalement bien passé, c’est après que ça a commencé à flancher et c’est à partir du panneau des 4 kilomètres à la sortie de La Mongie (où je n’avais encore jamais vu autant de voitures garées) que j’ai commencé à accuser le coup. Le final a vraiment été dur, je n’ai jamais grimpé aussi lentement le col du Tourmalet avec le vélo de route sans être en train d’accompagner des amis.

Sublime ! Le virage que je préfère !

Heureusement, le paysage est beau sur ce final. Dans le dernier virage, j’ai les encouragements de Audrey et Marcellin les photographes, ça fait plaisir de les revoir.

C’est à la dérive que j’arrive au sommet du col, dans une foule monumentale. Je ne m’attarde pas plus de 30 secondes et je reviens au premier virage de la descente pour discuter avec Audrey. On se donne les nouvelles. C’est que la dernière fois que j’ai grimpé le col du Tourmalet, il était encore fermé aux voitures.

Après 1 h passée là, j’entame la descente pour rentrer sur Tarbes.

Au sommet ! Pour la 159 eme fois !
Trop de monde à mon goût, je ne reste même pas 30 secondes…
La Mongie
Ce sera mon souvenir du Tourmalet de l’après chute

C’est là que je vais avoir des réponses à certains questionnements, est-ce que je vais avoir une appréhension et un blocage dans les descentes, comment ça va se passer.

Je vais vite me rassurer, j’aime toujours autant la vitesse. Il y avait du monde sur la route donc je ne suis pas allé chercher les 80 km/h, mais je me suis fait plaisir en me laissant aller sans appréhension jusqu’à 65 km/h. Il y a juste de la confiance à retrouver dans le vélo et les nouveaux pneus.

Ce sont des équidés, mais sans grandes oreilles, faut que j’essaye encore…

La suite dans la vallée et la plaine, je vais me surprendre car j’ai terminé au sommet au bout du bout, mais j’ai encore des jambes pour écraser les pédales. Il n’y a en fait que dans les faux plats et les montées où je n’ai rien dans les cuisses. Du coup j’ai pu me faire plaisir sur le retour aussi.

J’étais content de rentrer quand même^^

105 km dès la reprise et surtout le col du Tourmalet après 3 mois et 2 jours avec les blessures et sans sport du tout, je m’en souviendrai de celui là, il sera à part. Le col du Tourmalet de l’après. Mon 159 eme au total et mon 8 eme de l’année.

C’était vraiment un gros challenge.

Maintenant je vais prendre le temps de retrouver la forme avec des petites sorties sur les coteaux autour de Tarbes et pour me déplacer pour aller chez la kiné avant de repartir en montagne. De toute façon il y a beaucoup trop de monde à mon goût.

Et ce plaisir d’être sur le vélo, c’est inestimable !

Et aujourd’hui, jour de mise en ligne de l’article, 19 août, grosses pensées pour Tatiana qui aurait fêté son anniversaire. Joyeux anniversaire ma chère Tatiana là haut.

(6 commentaires)

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    • Vincent Blakoe on 24 août 2022 at 16 h 57 min
    • Répondre

    Félicitations pour la reprise Idris 🙂

    1. Merci à toi Vincent !! 🙂
      Ouais ça a fait du bien mais malheureusement depuis je n’ai pas pu retourner en montagne, encore trop de douleurs à l’épaule. Ce n’est pas encore pour les prochaines semaines la reprise régulière du vélo en montagne…

  1. TFOU mais je comprends ! Biz mon Idris

    1. Ahahahaha 😀 Ouais c’était le challenge pour la reprise, quelques jours après la chute, je m’étais dit que pour la reprise ce serait le Tourmalet, bon j’avais pas prévu que ça allait être si longtemps après^^
      La prochaine sortie en montagne n’est pas pour tout de suite car les douleurs à mon épaule ne vont pas dans le bon sens, énormément de gestes du quotidien me font mal et c’est même en train d’empirer. J’ai plein de rdv avec des spécialistes dans les prochains jours.
      Le vélo je peux en faire sur des petits trajets sur du plat pour aller à mes séances de kiné et aux rdv mais je ne peux pas faire beaucoup plus et pas de montée, je ne sais pas comment j’ai fait pour arriver au sommet du Tourmalet le 15 août 🙁

    • laurent on 31 août 2022 at 10 h 33 min
    • Répondre

    Salut Idris ,

    Bravo pour ta reprise , et surtout j’espère un bon rétablissement définitif
    et plein de vélo à l’avenir , en montagne bien sur !!!

    A bientôt

    1. Merci beaucoup pour ton message Laurent !! 🙂
      Malheureusement, pour l’instant j’ai bien peur que ça n’a été qu’un one shot, car j’ai toujours de gros soucis au bras et à l’épaule avec beaucoup de douleurs pour plein de gestes du quotidien… 🙁
      J’espère que tu vas bien et que la petite famille va bien aussi 🙂

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