J1 : 13 h de train
J2 : 13 h de train
J3 : 125 km – 2350 m de D+ – Julierpass (2284 m), Albulapass (2315 m), Berninapass (2328 m), Forcola di Livigno (2315 m)
J4 : 89 km – 2150 m de D+ – passo del Mortirolo (1852 m) et passo de Aprica (1176 m)
Allez, deuxième journée de vélo ! Après la Suisse hier, aujourd’hui ce sera le côté italien avec au menu un bon gros morceau : le passo del Mortirolo (1852 m) et ses 12,5 km à 10,5 % de moyenne avec au milieu une rampe de 6 km à 12,5 %.
Le passo del Mortirolo c’est pour l’instant l’histoire d’un rendez-vous manqué en 2017. A l’époque après 2 journées dantesques qui m’avaient vues passer le col du Saint Gothard sous une pluie battante glaciale, puis le passo dello Stelvio sous la grêle, je venais de grimper le passo di Gavia et la météo très incertaine sur la suite de la journée m’a poussé à rebrousser chemin pour rejoindre Tirano par l’interminable vallée plutôt que par le Mortirolo versant Edolo. Finalement ce jour là, il n’avait pas plu et j’avais une petite pointe de déception qui restait.
Cette année, je visais le canton des Grisons en Suisse et tout naturellement, j’ai remis le Mortirolo qui est juste de l’autre côté, dans les plans.
Pour cette journée, je prévois une boucle autour de Tirano avec donc le Mortirolo par Mazzo son versant le plus difficile, une descente de l’autre côté et un retour par la montée à Aprica pour redescendre ensuite dans la vallée et rejoindre Tirano.
Et je pouvais si je le voulais, entre les 2, me rajouter en aller retour la vallée et le passo del Tonale (1883 m), mais vue la petite forme de la veille et mes sensations dès le départ, je pouvais enlever cette option^^
Il fait déjà très chaud de bon matin, 27°C à 7h30. Et je ressens encore les jambes de la veille… Je m’élance avec un peu d’appréhension…
Dès la sortie de Tirano, la petite route que je prends se met à grimper sur des pourcentages à plus de 8 %. ça ne m’a pas aidé à prendre confiance parce que j’ai dû passer le petit plateau directement… Quand ça ne veut pas… Je transpire déjà^^
Après 11 km…j’arrive au pied de l’épouvantail. Ça y est, je vais enfin me frotter au Mortirolo !

Le début est assez « facile » pendant 3 km car entre les passages à 11/12 %, il y a des parties à 8 % qui permettent de récupérer un peu. De quoi découvrir cette route étroite s’élève au dessus du village dans la forêt. J’ai dû m’arrêter pour laisser passer un tracteur, puis un peu plus loin, pour laisser passer une fiat panda. Après cette mise en bouche de 3 km, c’est parti pour 6,5 km à 12,5 % de moyenne.
Je m’enfonce sur ce ruban de goudron, la vue de la pente est impressionnante, la route serpente. La particularité est de voir les virages numérotés (de 33 jusqu’à 1) avec le pourcentage moyen jusqu’au prochain virage et le kilométrage restant jusqu’au sommet. Du coup si les lacets s’enchainent ça défile mais si il y a 1,5 km jusqu’au lacet suivant, on ne le sait pas.
Finalement, malgré le fait de me sentir fatigué et un peu faiblard, j’ai trouvé un rythme régulier entre 7 et 8 km/h sur cette rampe sans que je subisse la pente. Ça m’a permis d’apprécier l’ascension à sa juste valeur, tranquillement. C’est fou de se retrouver seul sur cette route, face à la pente dans la forêt, de se remémorer les grands faits d’armes du Giro sur ces pentes et d’apprécier tout ça. C’est génial, le calme. Les chant des oiseaux, le meuglement des vaches et ma respiration sont les seuls bruits qui viennent troubler le silence. J’ai finalement levé mon appréhension assez vite car je me suis rendu compte que j’arriverai là haut sans trop de soucis avec le rythme que j’avais.
Un peu plus haut j’ai rattrapé un autre cycliste, nous nous sommes encouragés en italien et en anglais. Quelques mètres plus loin, il y a une trouée dans les arbres, la pente est à 14 % mais je m’arrête quand même pour prendre une photo. Magnifique. Plus loin sur la fin de cette rampe raide, j’arrive au virage où il y a le monument à la mémoire de Marco Pantani. Ce coureur traine une image bien sulfureuse mais le monument qui est fait à même le muret qui borde le virage est sympa à voir.




Après cette partie raide, le final est plus abordable, la pente repasse à 9 %, j’ai l’impression d’avancer tout seul^^ Il reste moins de 3 km et l’air du sommet approche.
Quelques vaches pour encourager et me voici au sommet ! Ça y est, j’y suis ! Wahou !




Je passe quelques minutes au sommet, je grignote un peu. Il fait très chaud. Après quelques minutes, je remonte sur le vélo et je m’élance dans la descente de l’autre côté.
La route est étroite et présente beaucoup de lacets, ce qui empêche de prendre de la vitesse. Je me laisse descendre tranquillement jusqu’à Monno.




Bon de là, comme je le pressentais, je n’avais aucune envie de m’envoyer sur 25 km à remonter jusqu’au passo di Tonale, je n’ai tout simplement plus grand chose dans les jambes. Je prends donc à droite sur la grande route de la vallée, je continue la descente jusqu’à Edolo et là ça commence à remonter de façon roulante pendant plus de 15 km jusqu’à Aprica. Là, ça devient vite difficile, je n’ai plus rien dans les jambes, il y a beaucoup de circulation et je suis écrasé par la chaleur… 2 petits tunnels à passer. Cette route me parait interminable… En plus, les italiens trouvent toujours des espaces pour dépasser, là où le cycliste n’en voit pas^^
Le seul truc motivant c’est de savoir qu’une fois en haut je n’aurai plus que de la descente et du plat pour boucler la boucle et revenir à Tirano.
Pas fâché d’arriver à Aprica. Une gigantesque station, pas très belle. Je bascule direct dans la descente. Une belle descente, un vrai plaisir. Je bifurque ensuite sur une petite route étroite et très pentue dans laquelle je dois m’arrêter pendant 7 minutes pour un feu de chantier. J’étais en train de cuire^^


Je rejoins la vallée en bas et je termine sur du plat avec un aller retour sur une petite route pour visiter et me rajouter des kilomètres. Parce que finalement, je suis cramé mais j’ai fait bien moins de 100 kilomètres… Je vais en rajouter 5 de plus pour aller faire des courses.
Pfiou, quel soulagement d’en finir. Je suis rincé…
Le Mortirolo c’était chouette, Aprica, beaucoup moins… Je suis allé m’attabler à un resto où j’ai pris une bonne salade niçoise et une coupe de fruits pour me requinquer.
Le gros morceau italien, c’est fait !
Ce soir ce sera ma dernière nuit à Tirano avant une longue journée de train demain pour rejoindre…l’Autriche ! Espérons que les jambes seront revenues pour dans 2 jours car quelques gros morceaux m’attendent par là bas !
89 km et 2150 m de D+ pour la sortie italienne de mon périple.



Commentaires récents