30 juin 2019 (29e sortie) : col du Portet par une journée caniculaire

Pour ce 30 juin, je me suis trouvé devant pas mal de réflexions.

On est au début de l’été, l’envie de rouler est énorme. Il faut aussi faire monter la forme car dans 1 mois j’aurais 1 semaine de vacances, ma première depuis 2 ans, je ne voudrais pas la gâcher !

Par ailleurs, c’est aussi très rare que je dispose de 2 jours d’affilé de week end. Habituellement je travaille le samedi toute la journée et j’ai le jeudi en repos dans la semaine.

Mais là j’ai des heures à récupérer et j’ai eu mon samedi 29 juin en récupération. Depuis plusieurs semaines j’envisageais donc de bouffer des kilomètres sur ces 2 jours consécutifs pour faire monter la forme. Malheureusement pour moi, la sortie de la veille a été tronquée à cause de la canicule et malgré les 126 km et les 2 cols grimpés, j’étais très déçu mais aussi très fatigué…

Pour le dimanche j’avais prévu de nouveau une grosse sortie. Je me suis inscrit à la Montée du col du Portet (2215 m). Une bonne occasion pour y grimper sans voiture. La première édition avait eu lieu l’an passé pour inaugurer la route avant que le Tour de France n’y passe pour la première fois. Cette montée fermée aux voitures compte devenir un rendez-vous annuel.

Le col du Portet est une des grosses ascensions des Pyrénées avec 16 km à 8,7 % de moyenne, il présente de sacrées statistiques, plus impressionnantes que celles du Tourmalet. Certains commentateurs pendant le Tour de France parlaient de ce col comme le plus dur de France. Ils se sont un peu emballés je pense mais il fait partie des plus dures c’est clair. J’ai eu l’occasion de le grimper une fois en 2015 mais il se trouve au fin fond de la vallée d’Aure ce qui fait une trotte avant d’arriver au pied et ensuite pour rentrer avec un enchainement obligatoire.

Je m’y étais donc inscrit. Je devrais aussi y retrouver Martine, une cycliste passionnée qui aime grimper et aligner les ascensions. Une personne que j’apprécie énormément.

Le but pour moi était de faire une grande sortie, soit en guise de plan A, remonter la vallée de Campan, grimper le col d’Aspin pour descendre sur Arreau, rejoindre Saint Lary et grimper au sommet du col du Portet avant de rentrer par la Hourquette d’Ancizan. De quoi aligner des kilomètres et du dénivelé.

Le plan B était de prendre le train jusqu’à Lannemezan, puis de remonter les presque 40 km de la vallée jusqu’à Saint Lary pour grimper le col du Portet et rentrer soit par la Hourquette d’Ancizan, soit par le col d’Aspin comme j’avais fait en 2015 lorsque je l’avais grimpé avant qu’ils ne goudronnent la route.

Malheureusement ce sera le plan Z qui va entrer en vigueur…

Le gros soucis c’est que c’est la canicule, la température ne descend pas la nuit depuis une bonne semaine, les journées sont écrasantes sous la chaleur… La veille, même en partant très tôt, je me suis retrouvé dans une fournaise et j’ai fini comme j’avais rarement fini, complètement lessivé et à la limite… Un deuxième jour d’affilé comme ça serait sûrement risqué…

Une chose est sûre, le plan A c’est mort, impossible de faire 3 ascensions avec autant de vallée par une journée pareille…

Je cogite pour le plan B, mais le premier train me fait arriver à presque 8 h à Lannemezan, le temps de remonter la vallée, j’attaquerais l’ascension du col du Portet vers 9h30. Le début est en plus exposé en plein soleil sur la partie la plus difficile, c’était risqué. J’en parle avec Martine en lui disant que ce ne sera pas possible pour moi d’y participer. On discute, elle insiste, je voudrais pédaler, mais je suis réticent à utiliser la voiture… C’est vraiment le flou dans ma tête… Martine ira directement en voiture là bas.

Et finalement je décide d’y aller en voiture. D’habitude quand je fais les approches en voitures c’est couplé avec les livraisons de bouteilles de jus pour mon entreprise mais là ce sera uniquement pour faire du vélo…

Le lendemain matin, je prépare donc les affaires. Ce sera d’abord le col du Portet et ensuite on avisera avec pourquoi pas le col d’Azet si la température le permet.

Martine arrive avant moi sur place et décide de commencer l’ascension (il s’agit d’une randonnée, donc départ de 7 h à 9 h), nous nous retrouverons dans la montée ensuite.

Lorsque j’arrive à Saint Lary, je me prépare rapidement et j’enfourche le vélo. C’est parti !

L’ascension c’est donc 16 km à 8,7 % de moyenne. Les 7 premiers kilomètres sont communs avec la montée à la station du Pla d’Adet, pendant plus de 6 km, la pente sera à plus de 10 % de moyenne avec peu de virages.

J’ai déjà fait la montée au Pla d’Adet à 3 reprises et ce n’est pas celle que je préfère.

On s’élève très vite sur une longue ligne droite (visible sans soucis depuis la vallée). Il y a du coup pas mal de cyclistes et sur le début, le temps que chacun trouve son rythme ça se dépasse et repasse.

Au début je sens mon coup de pédale un peu lourd, dans la continuité de la veille mais petit à petit je me sens mieux.

Après le virage où Poulidor a attaqué Merckx en 1974, les jambes tournent mieux et j’apprécie vraiment. La pente est raide mais les jambes suivent.

Il y a un petit replat dans la traversée de Soulan avant que la pente ne reprenne sur de forts pourcentages. Heureusement, je sais qu’il va y avoir un replat avec même une petite descente à la moitié de l’ascension au moment de quitter la route du Pla d’Adet.

Et ce replat ne tarde pas à arriver après 6,5 km sans aucun répit. Quelques mètres de descente et à 3 km de la station, on quitte la route du Pla d’Adet pour prendre à droite. Après la traversée d’Espiaube, la route devient très étroite, le goudron est granuleux et la pente reprend ses droits pour encore 8,5 km à plus de 8 %. C’est à cet instant que je rattrape Martine qui est arrêtée. Je m’arrête. Elle s’est faite piquer par des bestioles sur les jambes et ça la démange énormément et l’empêche de se concentrer. Avec la transpiration ça ne fait qu’empirer pour elle et Martine choisi d’en rester là et de redescendre. Nous nous retrouverons après en bas.

Pour ma part après ces 5 minutes d’arrêt, je repars pour attaquer la 2eme partie de l’ascension.

Sur cette deuxième partie d’ascension, je vais vraiment m’amuser. Je me sens de mieux en mieux et ça fait du bien. Les jambes ne sont pas au top mais après le coup de chaud de la veille, c’est bon à prendre. Le paysage est sublime avec des lacets pour donner du rythme et un champ de vision sur le sommet et la route qu’il reste à parcourir avec tous les cyclistes devant et derrière. Les kilomètres s’enchainent à 8 %, 9 %, 10 % et c’est génial. Ça faisait 4 ans que je n’y étais plus allé et c’est exactement comme dans mes souvenirs sauf que j’avais encore plus aimé le côté sauvage de l’ascension à l’époque car ce n’était pas goudronné et le Tour de France n’avait pas encore fait parler de cette ascension.

A un moment, en plus du paysage, j’ai dépassé 2 jolies américaines très souriantes, ça fait plaisir.

A environ 3 km du sommet il y a un kilomètre plus facile qui permet de reprendre de la vitesse avant que la pente ne reprenne ses droits. A l’amorce du denrier kilomètre les jambes commencent à se faire sentir et à piquer un peu. Je traverse le tunnel entièrement obscur dans lequel de nombreuses vaches et brebis sont venues s’abriter de la chaleur, puis c’est les denrières centaines de mètres sur une rampe bien raide.

Un vrai plaisir de déboucher au sommet à 2215 m. Là haut il y a un petit stand de ravitaillement avec des fruits secs et de la citronnade.

En 2015, lorsque c’était encore une piste, j’étais monté avec mon VTC et j’avais pu monter encore plus haut dans la caillasse jusqu’à plus de 2330 m d’altitude jusqu’au bord du vide, ça avait été génial avec des vautours qui tournaient au dessus de moi. Là ce coup-ci en vélo de route c’est pas possible.

Au sommet du col du Portet à 2215 m d’altitude.
Le Tour de France est arrivé là en 2018 avec Quintana qui a gagné l’étape.
Paysage sublissime

Je profite du paysage au sommet. Il fait très chaud à plus de 2000 m d’altitude c’est assez impressionnant, il y a presque de l’appréhension à l’idée de redescendre dans la fournaise en bas.

Après quelques minutes, j’attaque la descente, prudemment car la route est très étroite et il y a toujours pas mal de cyclistes qui montent. Je fais aussi plein de pauses photos ! Je recroise les 2 jolies américaines qui me font coucou.

Espiaube à mi pente qu’on aperçoit en bas
Le tunnel à 1 km du sommet et le sommet qu’on aperçoit juste au dessus, l’antenne plus haut c’est le signal de Terre Nere
Pédaler dans un tel décor, c’est génial !
Le sommet du col.
Sublimes lacets
Espiaube à l’endroit où on quitte la route du Pla d’Adet

Plus je descends et plus la température monte. Une fois que j’ai rejoint la route du Pla d’Adet qui est large et en très bon état, j’ai pu me lâcher et atteindre des belles vitesses de pointe à près de 80 km/h et des bonnes montées d’adrénaline^^

Saint Lary en bas

Plus j’approchais de Saint et plus je me mettais à cogiter… C’était tentant de rajouter une ascension en plus derrière, le col d’Azet me faisait bien envie, mais on est déjà pratiquement à la mi journée et la chaleur est écrasante…

Je retrouve Martine à Saint Lary, elle a pu se passer de la pommade sur les jambes et les bras. Nous décidons d’aller prendre un verre en terrasse afin de pouvoir discuter. Et au moins avec ça, j’étais sûr de ne pas aller prendre de risque à faire une deuxième ascension.

Nous avons passé un bon moment à discuter.

Puis il était temps de repartir.

L’après midi, j’ai refait du vélo du côté de Tarbes, de quoi avoir fait au total 65 km et 1600 m de D+. Et finalement je suis plutôt content de mon ascension car en comptant l’arrêt de 5 minutesà Espiaube quand j’ai vu Martine, j’ai fait moins d’1h30 pour monter (1h25 de pédalage) sans avoir d’excellentes sensations non plus.

C’est bon signe pour la suite car ma semaine de vacances approche et il faut que je sois en forme ! Il faut juste espérer que la canicule ne dure pas trop longtemps parce que devoir se véhiculer exprès est un peu frustrant sur ce coup là…

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