18 juin 2019 (26e sortie) : col du Tourmalet, Hourquette d’Ancizan, col d’Aspin et Sarrat de Gaye en lendemain de soirée avec une crevaison

Pour cette semaine, mon jour de repos est le mardi car exceptionnellement je travaillerai le jeudi.

Pas grave, il fait grand beau et j’ai la journée devant moi !

Je compte aligner des kilomètres et des ascensions.

Il y a un tout petit détail qui va avoir une énorme importance, c’est que dimanche soir (2 jours auparavant), je suis allé chez mes parents et en passant un coup de chiffon sur le vélo, j’ai enlevé le contenant de mon matériel de réparation et j’ai oublié de le reprendre.

Ce qui est hallucinant c’est que pour une fois que je ne l’aurais pas avec moi, je vais en avoir besoin alors que c’est très très rare que ça m’arrive…

En attendant, je me lève péniblement tôt. C’est que la veille on fait une bonne soirée avec des amis, on a pas mal bu, et je ne suis pas tout à fait frais en me levant le matin^^ Je compte sur le vélo pour me remettre à l’endroit mais ça risque de piquer dans les jambes quand même.

Je pars de bon matin dans la plaine, direction le sud, les montagnes ! Je savoure la fraicheur du début de journée, c’est quand même agréable. Il n’y a pas trop de monde sur les routes.

Je pédale tranquillement sans forcer. Surtout bien faire attention à bien se ravitailler sur cette sortie.

Dans les petites bosses juste avant Bagnères, j’ai l’impression de forcer plus que je l’aurais pensé, mais je serai fixé plus loin dans la vallée.

La vue sur le Montaigu qui trône est ressourçante. Une fois Campan passé, la pente se fait plus prononcée en fond de vallée et là je sens que je n’ai pas les jambes. Je pédale carré, le coup de pédale est lourd, je suis à l’arrache, les yeux me piquent, je tombe de fatigue.

Bref, ce sera des ascensions tranquilles.

Et c’est ainsi que j’attaque l’ascension du col du Tourmalet. Sans forcer, en profitant au maximum des paysages et de pédaler.

Le ciel est bleu, il fait déjà très doux, ça va chauffer, le top. Et puis finalement les kilomètres défilent petit à petit.

Je table sur une ascension en 1h30 et même si je n’ai pas de bonnes sensations, je ne faiblis pas au fil des kilomètres et si ça reste comme ça, je vais pouvoir enchainer les ascensions.

La ligne droite d’Artigues, la cascade à 9,5 km, la partie dans la forêt, le lacet du Garet à 7,5 km, la stèle d’Eugène Christophe à 7 km, le premier paravalanche à 6,5 km, la ligne droite avant les autres paravalanches, l’entrée dans La Mongie à 5 km, la traversée de la station, la vue sur le sommet dans les 4 derniers kilomètres. Je me régale !!

En plus il n’y a pas tant de circulation que ça.

Mais dans les dernières centaines de mètres, j’aperçois pas mal de monde sur le sommet et je débouche dans un bazar monumental de hollandais, la plupart en t-shirt rose, avec musique électro à fond qui fait carrément vibrer le sol, les hollandais en train de danser, boire, crier.

J’étais en train d’halluciner… Il était 11 h du matin. J’apercevais d’autres cyclistes, ça devait être leur première ascension du col, ils étaient dépités. Tous ces hollandais attendaient leurs amis qui montaient à vélo par le versant Luz Saint Sauveur en gueulant. Juste le temps de prendre 2 photos et après 45 secondes passées au sommet, j’ai déguerpi !

45 secondes seulement passées au sommet, le temps de prendre en vitesse 3 photos…
Mais c’est quoi ça ?!! Musique électro à fond, le sol vibre, ça gueule et ça crie, il est 11 h du matin… Je suis dégouté…

C’était rageant, 1h30 d’ascension pour passer juste 45 secondes au sommet. Et avec toutes les vibrations dans le sol, j’ai une pensée pour tous les animaux qui vivent dans le coin…

Dans la descente j’avais l’impression de fuir le sommet du col, j’ai fait des pointes à plus de 80 km/h…

Il fait déjà chaud, je peux faire la descente en manches courtes.

La Mongie

Une fois redescendu en bas à Sainte Marie de Campan, je décide de continuer et de prendre la direction de Payolle et de la Hourquette d’Ancizan (1564 m). Les jambes ne sont pas bonnes mais les sensations ne se dégradent pas et je peux continuer à pédaler de la même façon.

Les 7 km jusqu’à Payolle sont roulants et permettent de reprendre le rythme tranquillement. Je traverse le plateau de Payolle sous l’oeil du Pic du Midi. Je m’arrête remplir mes bidons d’eau et j’attaque les 9 derniers kilomètres de la Hourquette d’Ancizan. Tranquillement toujours. Et c’est toujours aussi sublime, on se sent tout petit dans la montagne et les estives. Et là j’apprécie le calme après le triste spectacle du Tourmalet…

La chaleur est très forte mais je ne me sens pas écrasé.

Traversée du plateau de Payolle, le Pic du Midi veille.
L’ascension de la Hourquette toujours aussi sublime !

Et quel plaisir d’arriver au sommet de la Hourquette d’Ancizan au milieu des ânes !! C’est beau de voir la famille t’attendre comme ça 😀

Je passe quelques minutes à les caresser et à profiter du paysage tout en réfléchissant sur la suite de la sortie. Les jambes commençaient à se faire sentir depuis Tarbes ce matin et j’avais encore des kilomètres à aligner. Je n’étais pas sûr de moi quant à descendre sur Ancizan et faire toute l’ascension du col d’Aspin versant Arreau…

Mes supporters préférés, toujours là quand il faut, pour m’accueillir !
Vue depuis la Hourquette d’Ancizan

Je vais plutôt opter pour la sécurité, redescendre sur Payolle et monter les 5 derniers kilomètres à près de 8 % entre Payolle et le sommet du col d’Aspin.

Je redescends donc en faisant plein de pauses photos et en remontant le kilomètre à remonter.

La descente, au milieu des estives.
Avec tout ça, je ne vais plus avoir de place pour prendre des photos au col d’Aspin et au Sarrat de Gaye^^

Je déboule ensuite sur Payolle.

Il fait chaud et en m’arrêtant pour remplir mes bidons je vois les auberges pleines à craquer, ça donne envie de s’arrêter pour manger une crêpe et boire un verre mais, d’abord le col d’Aspin (1490 m) et on verra après pour la pause.

Et j’attaque les 5 kilomètres d’ascension. La route est dans la forêt pendant plus de 3 km et permet de ne pas trop souffrir de la chaleur.

Je commence à être à court d’énergie dans les cuisses. L’ascension au col d’Aspin se fait vraiment à l’arrachée et j’ai vraiment envie de dormir. Quelle idée de partir comme ça après une soirée xD

Au sommet, c’est génial. Un peu de soulagement mais une envie toujours de continuer. Je profite du paysage mais c’est là que l’espace sur mon téléphone commence à manquer, (et pourtant je n’ai pas grand chose de stocké dessus mais il prend de l’âge), résultat juste une seule photo prise depuis le sommet.

La seule photo que j’ai pu prendre au col d’Aspin : le versant Arreau vu depuis le sommet.

Je suis fatigué, je décide de redescendre sur Payolle et de faire une pause crêpe méritée !

Il y a beaucoup moins de monde en plus. C’est l’idéal.

Il y a tout le retour encore à faire jusqu’à Tarbes mais j’ai bien envie d’en rajouter encore avec le détour par le Sarrat de Gaye (1231 m).

Je repars. L’acide lactique monte vite dans les cuisses. Je termine le plateau de Payolle et je bifurque vers le Sarrat de Gaye, seulement 3,5 km d’ascension avec juste un petit passage à 9 %. Mais à ce stade je n’avance plus très vite.

Puis à un moment, un cycliste me rattrape à pleine vitesse et me lance « allez Idris ! ». C’est Guillaume !! Nous avions participé ensemble il y a quelques jours au tournage pour l’UCI au col d’Aspin. Ça fait plaisir de se revoir !

On roule ensemble sur le final tout en discutant. Il n’y a pas grand monde.

On passe au sommet et on bascule dans la descente. Et là…après quelques secondes, sur la route en mauvais état, je prends un trou et…je me retrouve à plat sur l’arrière… Mais c’est pas vrai !!! Et là le tout petit détail de mon matos de réparation oublié chez mes parents 2 jours auparavant revient à l’esprit…

J’ai une chance monumentale d’être avec Guillaume sur cette route où il n’y a personne. Il me passe sa chambre à air. Je peux réparer en quelques minutes, mais quel coup de chance et en même temps quelle frayeur !!

Je dois une fière chandelle à Guillaume !! Et je n’ai quand même vraiment pas de chance, je crève très très rarement et ça tombe pile ce jour là…

On continue la descente. Les jambes se maintiennent et je peux un peu mieux rouler dans la vallée. A l’entrée de Bagnères nous nous saluons avec Guillaume, pour ma part je vais sur la petite route. Allez, encore une bonne trentaine de kilomètres pour rentrer. Le final parait vraiment très très long.

Mais quelle belle satisfaction de rentrer après avoir fait une belle sortie comme ça (hormis les hollandais au Tourmalet).

163 km et 3500 m de D+ en lendemain de soirée avec col du Tourmalet, Hourquette d’Ancizan, col d’Aspin et Sarrat de Gaye, vive la jeunesse !!^^

(2 commentaires)

  1. Hello Idris,
    Je me fais un petit rattrapage… quelle sortie de ouf ! Après avoir fait la fête la veille ! Dopé va ha ha ha !
    Sinon, c’est un peu dingue ces rassemblements de Hollandais, je crois que c’est le même bordel au Ventoux chaque année. Bon, ça fait tourner un peu l’hébergement local et un tout petit peu le commerce (les Hollandais sont réputés pour emmener toute leur bouffe quand ils viennent en France !). Mais c’est vrai qu’avoir la cohue en haut de TON col, bref une propriété privée appartenant à un certain Idris, c’est pas cool ha ha ha !

    1. Ahahahaha 😀 Ouais en tout cas c’était vraiment triste à voir ces hollandais comme ça, et les cyclistes qui le montaient pour la première fois et peut être seule fois, devaient être dégoûtés…

      Mais bon je l’ai senti sur ce coup là que j’avais fait la fiesta. Et ça a été encore pire pour la sortie du 23 juin, j’avais pris une bonne cuite la veille^^

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