19 août 2018 (30e sortie) : col du Tourmalet pour rejoindre Sazos

Après la frayeur de la veille, voilà un court programme de vacances qui va me changer les idées !!

On ne peut pas parler de virée exotique pour moi mais ça va me faire un bien fou !!

Ma cousine que j’adore de Bretagne, vient en vacances pour quelques jours dans les Pyrénées !! A Sazos au dessus de….Luz Saint Sauveur ! (je suis sûr que vous commencez à voir où je veux en venir). Ça veut dire qu’il y a du Tourmalet dans l’air pardi !!

Et donc je m’étais bloqué une journée pour être avec eux le lundi 20 août. Ma cousine m’a gentiment proposé de venir la veille au soir (le 19 donc) pour dormir avec eux au gite et ainsi profiter d’une journée entière avec eux le lendemain.

Du coup je compte aller les rejoindre pour 19 h à Sazos. J’ai 2 routes au choix pour y aller. Par la plaine (Juillan, Lourdes, Argelès, Pierrefitte, Sazos) ou bien par…le col du Tourmalet !!

Je ne peux pas vraiment dire que j’ai passé du temps à hésiter sur la route. Ce sera donc le col du Tourmalet. Mais il sera un peu différent parce que je vais quand même transporter mon sac de couchage dans le sac à dos et les affaires de base pour 2 jours (du style la brosse à temps qui doit peser à elle seule 10 kg au moins !).

Enfin bref, je pars de Barbazan avec un sac un peu lourdaud sur le dos. Et surtout je pars vers 14h30, en pleine chaleur !! Le ciel est voilé mais c’est étouffant en bas.

J’étais bien chauffé, voire presque fatigué avec la matinée passée à bricoler et à jouer de la scie circulaire, mais j’avais tout mon temps pour parcourir la plaine, remonter la vallée et grimper le col du Tourmalet. 70 km normalement.

Au début comme à chaque fois, on se dit « c’est bon le sac ça va le faire sur les épaules » et puis au fil des kilomètres et des faux plats, il commence à peser sérieusement et quand on sait qu’il y a le col du Tourmalet ensuite…

C’est parti !! Direction le col du Tourmalet ! Je risque de le terminer dans le brouillard…

Plus je remontais la vallée et plus je sentais que je n’allais pas forcément m’amuser dans le col du Tourmalet.

A Sainte Marie de Campan, c’est parti !! 17 km d’ascension. Une fois en haut je n’aurais plus qu’à descendre et faire ensuite 3 ou 4 km de montée sur le début de la route de Luz Ardiden.

Je n’avance pas très vite et je table sur une ascension en 1h45…

Après quelques minutes, alors que j’étais encore sur la partie roulante avant Gripp (là même où j’ai eu la frayeur de ma vie il y a 24 h), des ambulances et des voitures de gendarmerie me dépassent à toute allure. Un peu plus tard je vois un hélicoptère qui vole bas. Il a dû y avoir un gros accident…

Je continue d’avancer. Je passe Gripp, c’est parti pour 12,5 km à 9 %. ça parait long encore à et instant…

Et alors que je n’avais parcouru qu’un peu plus d’1 kilomètre de la partie difficile, j’aperçois devant moi une file de voitures arrêtées…

Je dépasse la file, une bonne trentaine de voitures jusqu’à arriver au début avec quelques autres cyclistes. Les gendarmes bloquent la route. Et là on voit l’hélicoptère de secours qui atterri juste devant nous sur la route au milieu des arbres. Impressionnant !!

C’est là qu’il y a eu l’accident à 11 km du sommet à l’ancien pont. Un motard a loupé un virage et son passager et lui sont grièvement blessés.

Nous voyons les pompiers s’affairer autour des civières.

L’hélicoptère sur la route…

 

Après quelques minutes, le gendarme qui bloque la route, autorise les cyclistes à passer.

Nous avançons mais 15 mètres plus loin au niveau de l’accident, on ne peut pas passer. On nous demande d’attendre.

Nous sommes à seulement 1m50 de la civière la plus proche. Ça fait froid dans le dos… Le motard est sous oxygène, sa combinaison lui a été enlevée, l’autre civière est un peu plus loin. La moto est au sol, il y a du sang aussi… Visiblement le motard devait rouler trop vite et n’a même pas pu amorcer le virage et s’est pris le muret qui borde la route de l’autre côté…

Je n’arrête pas de penser à la veille quand la voiture qui m’a touché aurait pu me tuer… A cet instant j’ai vraiment très peur et je me demande si c’est une bonne idée de continuer, entre la frayeur de la veille, cet accident maintenant, je me demande si il ne va pas m’arriver quelque chose plus tard…

Je commençais vraiment à me sentir bizarre.

Après presque 15 minutes d’arrêt au total, nous avons été autorisés à contourner les ambulances en poussant les vélos et à repartir. J’ai repris mon ascension. De l’autre côté de cette partie sinueuse, les voitures sont déviées par Artigues et peuvent rejoindre Sainte Marie de Campan par une toute petite route. Seuls les bus qui ne peuvent pas y passer sont bloqués.

Du coup la suite de l’ascension va se faire sans voiture. Mais j’ai la tête complètement ailleurs. Ça fait vraiment froid dans le dos…

Beaucoup de motards prennent les routes de montagne pour des circuits et roulent à des vitesses inconsidérées. Je me suis déjà fait frôler de très près par des motards alors que je descendais (dans le Tourmalet notamment le 27 mai 2017) et aussi en montée, un jour dans le dernier virage de l’ascension un motard m’a tassé complètement à l’intérieur du virage… De même, dans la descente du col du Galibier en août 2013, des motards ont eu un comportement dangereux en m’empêchant de prendre les bonnes trajectoires. Il y a aussi un grand nombre d’automobilistes qui n’attendent pas d’avoir la visibilité avant de dépasser et qui dépassent en plein virage et doivent se rabattre rapidement. Dans le Tourmalet toujours (décidément), le 16 août 2014, 2 voitures se sont rentrées dedans juste derrière moi…

Il y a aussi les camping cars qui sont dangereux. Et certains cyclistes également qui descendent au milieu de la route ou qui montent au milieu de la route en zig zaguant…

Si tout le monde y mettait du sien, il y aurait quand même moins de problème… Mais on n’est pas à l’abri d’un imbécile comme j’ai eu la veille aussi…

Sur la suite de l’ascension, j’étais vraiment à côté de la plaque, je n’y étais plus du tout… La tête ne suivait pas, le sac était lourd, les jambes n’y étaient plus, il faisait chaud et l’ascension s’éternisait…

Je buvais beaucoup d’eau tellement il faisait chaud en cette fin d’après midi et je commençais même à m’inquiéter d’en avoir assez pour toute la sortie. Il faudrait peut être que je m’arrête à La Mongie.

Vue sur la ligne droite d’Artigues, c’est au virage tout au fond qu’il y a eu l’accident.

Les kilomètres défilent lentement et ça devient dur. Il y a une voiture (qui a dû passer avant l’accident) qui me dépasse sans cesse et se réarrête (5 ou 6 fois) car la dame suit son mari qui grimpe en vélo. Pas super agréable ces voitures suiveuses car on se fait dépasser à chaque fois et la voiture s’arrête pas loin devant, à moitié sur la route, enfin bref pas super.

Ça a été la seule motivation pour hausser un peu le rythme afin de distancer la personne en question pour que l’écart soit suffisant pour que la voiture ne me dépasse plus et reste derrière sur ses sauts de puce.

Ce coup-ci ça devenait dur à l’approche de La Mongie et j’ai profité du beau paysage pour faire quelques arrêts photos bienvenus pour mes jambes. Il y avait des nuages sur les sommets qui donnaient une ambiance particulière mais j’allais me retrouver dans le brouillard pour le dernier kilomètre.

En traversant La Mongie, il me reste encore de l’eau, je vais continuer jusqu’au sommet.

En passant devant un bar, la jolie photographe qui a fini sa journée, me fait un grand coucou de la main. Ça fait plaisir, mais ce coup-ci je préfère avancer histoire d’en finir avec cette ascension.

Heureusement que sur le final, l’air du sommet remotive.

Je me rapproche du sommet.

La Mongie en contrebas.

A 1 km du sommet.

C’est franchement soulagé que je suis arrivé au sommet ! Ça faisait longtemps que je n’en avais pas grimpé un si dur ! Le sac me faisait vraiment mal aux épaules.

Quelle ascension bien particulière… Et au final, quand je suis arrivé en haut, la route n’avait toujours pas été ouverte aux voitures…

Le sommet du col.

J’ai passé quelques minutes au sommet puis j’ai attaqué la descente de l’autre côté. Il fait chaud, pas besoin de k-way.

Demain je remonterai le col du Tourmalet par ce versant pour rentrer. La descente se passe bien et en débouchant sur Luz Saint Sauveur, je suis impressionné par la quantité énorme de voitures !!! C’est bouché  de partout avec de longues files d’attente !!

Il y a encore beaucoup de touristes !! Je pensais qu’à la fin de la semaine du 15 août (pélerinage de Lourdes qui attire des dizaines de milliers de personnes) il y aurait moins de monde, mais finalement non…

Je me faufile et je vais prendre la direction de Luz Ardiden.

Dans la descente vers Luz Saint Sauveur.

Je ne sais pas exactement à quel kilomètre dans l’ascension se trouve Sazos mais ça doit être au 3eme kilomètre.

C’est reparti ! Je n’ai plus roulé sur cette route depuis fin décembre 2016 ! Les deux premiers kilomètres sont roulants à moins de 7 %. J’arrive à mettre du braquet. Le kilomètre suivant est à 8,5 ou 9%, là je sens direct que les jambes ne sont toujours pas revenues xD

Et effectivement j’arrive à Sazos. J’essaye de me repérer pour trouver l’adresse mais ma cousine m’a expliqué en accédant au village par une autre route. Je traverse tout le village sur la route principale et j’arrive à la sortie. Coup de téléphone, ce n’est pas là. Je redescends vers le centre, prends une petite route qui monte avant de redescendre bien raide. Je ne suis pas sûr de mon coup et m’inquiète de voir ce qu’il y aurait à remonter si ce n’est pas la bonne route xD J’avais plutôt envie d’en finir pour aujourd’hui. Heureusement pour moi c’est la bonne route et j’ai trouvé le gite à la sortie basse du village sur cette petite route.

Et voilà donc le sac de couchage bien baladé dans les Pyrénées pour une super soirée en famille, bien agréable et qui fait du bien !!

70 km et 2100 m de D+ pour cette journée.

Pied de l’ascension à Luz Ardiden (13 km à 7,7%)

Luz Saint Sauveur vue depuis la montée vers Sazos

(2 commentaires)

  1. Hello Idris !
    Et ben, c’était pas la forme… c’est terrible ce que je vais dire : c’est bien fait pour sa tronche au chauffard/motard !!! Ça fera un barge de moins sur la route ! En plus, tu te rends compte, il a du prendre tous les risques possibles alors qu’il avait un passager ! Encore heureux qu’il n’est pas plafonné une voiture ou un cycliste !!! De toutes façons, les routes de montagne sont une zone de non-droit ! De toutes les ascensions que j’ai faites depuis 15 ans, jamais je n’ai vu de flics faire des contrôles, jamais !!! Voilà, c’était un coup de gueule et on va passer à autre chose, j’attends ton prochain CR sur le retour 😉 !

    1. Salut Joris,

      C’est aussi le fond de ma pensée. Un fou de plus qui a compris et avec tous les autres motards qui semblaient choqués juste à côté, ça doit en faire une quinzaine de plus qui ne devraient pas faire les tarés à l’avenir. Et pareil je me suis dit, heureusement qu’il n’y avait pas de cycliste qui arrivait en face…
      Et pareil, jamais je n’ai vu les flics en montagne sauf en juin 2013 au Tourmalet quand il y avait les inondations de l’autre côté (fallait barrer la route côté Luz Saint Sauveur) et….ce 19 août où il y avait 2 motards de la police au sommet qui se faisaient prendre en photo…

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