Avr 11

1er avril 2018 (6e sortie) : col d’Aspin…sur la neige

Après la reprise du vélo le 24 mars sous la neige après la chute de janvier, la météo n’aide vraiment pas beaucoup pour reprendre le rythme.

Je voudrais bien pouvoir circuler en vélo pour le travail mais ce n’est possible qu’une ou deux fois seulement…

Si bien que je n’ai parcouru que 70 km de vélo entre le 24 et le 31 mars…

Le 31 mars fut d’ailleurs une journée épouvantable dont je me souviendrai tant ce fut galère et la tempête (trombes d’eau d’abord puis tempête de neige) fut impressionnante ce samedi là. Pas de vélo du coup après le marché de Bagnères…

Je m’en suis remis à la journée du lendemain qui est annoncée ensoleillée. Dimanche 1er avril. C’est le premier jour complet que je me prends en repos depuis le début de l’année.

Je compte bien le mettre à profit pour aligner quelques kilomètres de vélo, ça me fera du bien aux jambes mais surtout à la tête car je me sens vraiment à côté de la plaque depuis quelques semaines.

Le réveil sonne à 6h45. Terrible… J’ai un mal fou à me lever… Je suis vraiment fatigué… Ce serait tellement bien de rester à dormir mais je finis quand même par me lever. Il va faire grand beau sur les Pyrénées, il faut que j’en profite. Je ne sais pas quelle est cette force qui me pousse à me lever à chaque fois, même quand il fait un temps épouvantable… C’est comme ça que je me retrouve à pédaler par grand froid ou sous la neige…

Mais des fois j’aimerais bien réussir à me motiver à rester dormir… J’aimerais bien être un tout petit peu moins passionné…

Ce dimanche 1er avril va tout bien résumer. Il fait un froid glacial… Tout est gelé, il fait -2°C… Mais le lever du jour est radieux.

Beau mais glacial…

Je suis un peu contrarié de bouffer encore du froid… J’ai encore les souvenirs des derniers Aspin sous la neige le 27 janvier et le 24 mars, et je rêve de pédaler dans la douceur en montagne, pour reprendre le rythme dans les jambes ce serait aussi tellement plus agréable car j’oscille entre un sentiment de manque de vélo, une envie de pédaler et en même temps, une détestation de ce froid qui commence à attaquer ma motivation et le plaisir de pédaler…

Je pars avec l’objectif d’aligner les kilomètres, direction le col d’Aspin (1490 m) puis on verra la suite sur le moment, mais si je peux aligner 120 ou 130 kilomètres ça serait bien.

Je prends mon mal en patience avec le froid et je pédale direction le fond de vallée, mais malheureusement pour moi, le vent souffle de face. Pas vraiment très fort au début, mais suffisant pour me donner l’impression que je n’avance pas très vite. Etant donné qu’il ne s’agit que de ma 2eme sortie depuis la reprise, je mettais ça sur le compte d’une méforme mais j’ai vite vu que le vent n’aidait pas du tout.

J’espérais dans le même temps me réchauffer avec les premiers rayons de soleil, peine perdue, c’est un soleil glacial…

Puis une fois à Bagnères, j’entre dans le couloir de la vallée, et là ça y est le vent souffle fort… Je suis scotché complètement sur la route… je peine à 12 km/h sur des faux plat montant… Je vais moins vite que sur des pentes à 10 % quand je suis en forme…

Et là c’est le genre de moment de galère où tu te demandes ce que tu fous là, pourquoi je ne suis pas resté dormir… Je n’ai pas les jambes, il fait un froid glacial et je suis scotché sur la route par le vent de face… Et le pire c’est que je ne suis pas au bout de mes peines…

J’ai voulu prendre une video, mais c’était à un instant où le vent a un peu faibli…

En tout cas à cet instant le col d’Aspin parait loin… Je n’avais qu’une hâte, me retrouver dans l’ascension pour être un peu plus abrité et moins en prise grâce à la pente…

Le Montaigu sur son trône.

Les kilomètres sont passés et j’étais vraiment soulagé d’être à Sainte Marie de Campan ! Mais en enlevant mon gant pour prendre une photo, la douleur dû au froid a été terrible, j’avais envie de me mordre les doigts de ma main tellement ça me faisait mal. J’enrageais intérieurement de devoir me coltiner ça…

J’ai attaqué l’ascension. Ouf ! Mais très vite, dès le 2eme kilomètre, la neige qui était déjà sur l’herbe empiète désormais sur les bords de la chaussée… Et on est à seulement 900 m d’altitude, qu’est ce que ça va être sur la suite…

Sainte Marie de Campan, c’est parti pour l’ascension !

La suite c’est déjà que je me suis rassuré en voyant que je grimpais sur le 39×25 sans être à l’arrache, point positif pour les jambes et signe que le vent était sûrement pour beaucoup dans ma galère dans la vallée.

Si bien que la partie jusqu’à Payolle commence à défiler assez vite. La température commence à remonter légèrement quand je passe les zones ensoleillées. Par contre dans le raidar à 8 km du sommet, là le soleil n’atteint pas la route de tout l’hiver et la route est recouverte d’une petite couche de neige glacée… Sur le 39 ça ne patine pas mais je prends garde de rester bien assis sur la selle et de pédaler en force, surtout ne pas pencher. Je sens la neige glacée qui craque sous mes pneus… Vision assez impressionnante de réaliser que je suis en train de grimper là dessus et en même temps tellement de choses qui me passent par la tête… Qu’est ce que je fais ? Demi tour ? Non quand même pas…

La Séoube

Dans le raidar avant Payolle…heu…

Je suis parti pour faire une bêtise…

Juste après la route s’aplanit pour traverser Payolle. Là le paysage est sublime !! Tout enneigé !! Magnifique !!

A la sortie de Payolle, au moment d’aborder les 5 derniers kilomètres à presque 8 % de moyenne, je croise un chasse-neige qui descend, on est content de les avoir !

La première rampe à 9 % permet d’avoir une superbe vue sur la station avec de la neige fraiche sans trace, mais très vite la route passe sous les arbres. Et là tout va changer… Les virages sont encore recouverts d’une neige gelée. Juste impressionnant. Surtout rester bien assis, toujours pédaler en force, ne pas pencher, je sens la neige glacée qui craque sous les pneus, rester en équilibre. Puis ensuite les portions entre les virages sont aussi enneigées. Mais qu’est ce que je fiche ici ?! Encore dans la montée même si ça patine par moment, c’est faisable en restant vigilant, mais c’est qu’il y a la descente après… Tant pis, au pire je la ferai à pied…

Sublime !

ça commence à se compliquer…

 

Les kilomètres ont défilé, j’étais dans un autre monde. Il s’agit de mon 107 eme col d’Aspin, les 2 précédents étaient déjà dantesques sous la neige, mais là c’est encore au dessus, ce sera inoubliable, tellement pas adapté au vélo…

Les automobilistes que je croisais me regardaient tous bizarrement^^

Et dire que je déteste le ski…

En arrivant au sommet, c’était une drôle de sensation de se dire que je l’ai grimpé là dessus, sur desportions enneigées et que c’est passé comme une lettre à la poste. Mais maintenant la tension monte, le moment de la descente approche…

Je prends des photos au sommet, l’autre versant est entièrement enneigé, tout blanc, la question de le faire une deuxième fois ne se pose pas…

Au sommet, la route qui descend vers Arreau…

L’Aneto au fond là bas !

Mon 107 eme col d’Aspin, inoubliable celui là !

K-way, écharpe et c’est parti… En roue libre bien sûr, pas de risque…

C’est parti pour la descente, l’adrénaline monte…

Première alerte à la fin du premier kilomètre de descente avant le premier virage, j’ai ralenti bien à l’avance mais l’arrière a dérapé, j’ai pu redresser. Puis est arrivé le premier virage, ça glisse de l’avant et de l’arrière, mais ça passe à 10 km/h. Dans la ligne droite suivante je me mets le défi de faire toute la descente sans mettre pied à terre. Mais je repense à toutes ces personnes qui me disaient que je reprenais le vélo trop tôt après ma blessure, que si il m’arrivait le moindre pépin sur le genou, j’étais parti pour une galère encore pire… Mais c’est plus fort que moi. Mais la hantise de la chute sur le genou gauche était assez horrible…

Je ralentis méticuleusement avant les virages, ça aide de connaitre la descente par coeur. Certains virages font vraiment monter l’adrénaline tant ils ne ressemblent plus à rien.

Chaque virage que je passe sur le vélo je me dis « mais t’es un grand malade, qu’est ce que tu fabriques, arrête toi » mais je passe les virages à 7 km/h ce qui fait que si je perds le contrôle je peux instantanément mettre pied à terre et ça rassure.

A un moment j’arrive à un virage en épingle plus raide à gauche, impossible de tourner, je veux élargir la trajectoire au maximum, mais je sens que ce ne sera pas possible de le prendre et alors que je suis encore en train de tirer tout droit vers l’extérieur, j’ai le vélo qui glissade billais vers la gauche en perpendiculaire de la route et tout doucement je me fais emmener en glissade de côté sur le bas du virage, plus qu’à réaligner le vélo dans le sens de la route et voilà le virage passé sans même tourner, juste trop la classe, mais un pic d’adrénaline… Et le dernier virage à droite avant Payolle, bien large en grande courbe, j’ai l’arrière qui dérape lentement vers l’extérieur comme si je partais en tête à queue, j’ai eu le réflexe de relâcher le frein avant et j’ai pu accompagner la glissade de l’arrière par l’avant et voilà comment le virage s’est passé magnifiquement en mode karting, de toute beauté !! Dernier virage à gauche et je déboule dans Payolle, pari réussi !!

Ces scènes de ces virages passés en glissade, elles sont gravées dans ma mémoire !

Mais quel stress !! Je vais faire un détour par le lac.

Le lac de Payolle pour faire retomber le stress.

Magnifique !

Je fais retomber la pression. Je viens de me faire la descente la plus dangereuse de ma vie et pourtant j’en ai fait une bonne ribambelle, mais là… Je suis content de l’avoir fait mais je ne la referai pas une deuxième fois…

Au moment de repartir j’ai croisé une connaissance et je me suis arrêté pendant pas mal de temps pour discuter.

La suite de la descente était beaucoup moins enneigé hormis le raidar à l’ombre. Je n’avais plus de jambe… Je pense que la tension de la descente y est pour quelque chose. Une bonne fringale !!

Impossible de me rajouter quoi que ce soit comme autre montée pour aujourd’hui… Vite retour…

Les derniers kilomètres j’étais complètement carbonisé et des portions que je peux passer habituellement à 40 km/h, j’étais à même pas 25, complètement au bout du rouleau… Mais ça fait du bien aussi.

L’après midi je suis allé à Tarbes ce qui m’a rajouté 18 km au compteur.

J’ai bouclé la sortie avec 108 km et 1600 m de D+

Et une sortie que je n’oublierai pas, c’est sûr, mon 107 eme col d’Aspin et il est encore différent. Grimpé sur 39×25. En 58 minutes exactement comme celui de la reprise le 24 mars, mais ce coup-ci avec la neige en plus.

J’ai terminé avec le vélo et les jambes couverts de boue, une bonne douche a fait du bien !

Mais j’avoue qu’avoir eu tant de mal à me lever le matin, pour me bouffer un froid glacial, un vent de face terrible et une ascension puis une descente sur la neige, il y a des jours où on ferait mieux de rester coucher…

Mais j’ai quand même enragé intérieurement, 53 jours d’arrêt de vélo, reprendre le vélo au col d’Aspin sous la neige, puis cette sortie glaciale, venteuse et sur la neige… C’est comme si la nature ne voulait pas que je reprenne le vélo… J’aimerais tant pédaler dans la douceur, faire une descente à 60 km/h…

Peut être bientôt mais en attendant, la météo n’est pas top…

Une chose est sûre, si il refait froid, je n’irai pas pédaler, j’en ai marre, mais je dis ça et après… Niveau dose de risques, j’espère avoir atteint le maximum, je ne pense pas refaire une telle ascension dans ces conditions…

Moi qui pensais que ma sortie de reprise au col d’Aspin sous la neige le 24 mars avait été dantesque et l’oeuvre d’un imbécile, j’ai encore augmenté d’un cran pour cette deuxième sortie…

(4 commentaires)

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    • Jean-Luc on 16 avril 2018 at 20 h 14 min
    • Répondre

    Salut Idris,
    Il y avait un bon moment que je n’étais venu te voir (ton site) et je découvre tes malheurs (ta chute) mais également le bonheur que tu as eu à remonter sur le vélo.
    53 jours d’arrêt en hiver, ce n’est rien même si pour toi c’est beaucoup.
    Le 21 juin 2015, jour de l’été, une marmotte intrépide s’est précipité sous mes roues dans la descente du col de la Cayolle alors que j’étais à pleine vitesse pour rejoindre Barcelonnette..
    Résultat : commotion cérébrale, clavicule gauche cassée et surtout pas de vélo durant tout l’été 2015.
    J’étais un peu dans le même état que toi pour ma reprise à la mi-septembre.
    Je suis sur que la forme et le coup de pédale vont vite revenir, le beau temps aussi et que d’ici quelques semaines, tu nous auras grimpé l’Aspin pour la 120e (ou 130e fois ou + peut-être).
    Salut champion.
    JL

    1. Salut Jean Luc 🙂

      Oui il y a toujours pire ça c’est clair, ça aurait pu tomber à une période bien pire :/ Ce n’est jamais bon.

      Là ça y est enfin il refait beau, ça fait du bien, j’ai pu aller pédaler en Belgique, c’était top !! Bientôt les photos !! 🙂

      J’espère te croiser !!

      Merci pour ton message !! A bientôt !! 🙂

    • james on 21 avril 2018 at 20 h 16 min
    • Répondre

    je sais pas si on doit te féliciter sur ce coup Idris !?

    1. Ahahaha 😀 C’était un bon petit coup de folie, j’avoue mais une fois lancé là dedans, je ne me voyais pas faire demi tour^^

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