Fév 10

13 janvier 2018 (2e sortie) : col d’Aspin par les 2 côtés

Une bien drôle de journée…

La météo n’est pas vraiment au top sur les Pyrénées en ce début d’année… Le seul moment de disponible pour pédaler avant quelques jours c’est ce samedi 13 janvier l’après midi après ma matinée habituelle à Bagnères.

Il fait un froid glacial, le thermomètre indique 0°C mais un vent froid du nord souffle…

J’ai installé mon stand et ‘javais mon vélo à mes côtés. Mais comment trouver la motivation pour enfourcher le vélo l’après midi…

Le ciel devient de plus en plus gris au fil de la matinée et je me pose de sacrées questions… Il fait déjà froid, je le bouffe depuis 6 h du matin et est ce que ça vaut le coup que je me risque à prendre une pluie glaciale en montagne ?

C’était presque plus fort que moi mais après avoir tout rangé, grignoté un peu, résisté à l’envie de dormir, j’ai enfourché le vélo et me voilà parti pour remonter la vallée.

J’avais regardé la praticabilité des routes et j’avais vu que le col d’Aspin (1490 m) était dégagé. Impossible de résister et pour tester mes jambes j’avais même envie de le grimper 2 fois par les 2 côtés en suivant. Tant qu’à faire…

Mais voilà, le problème c’est le ciel qui devient menaçant…

Alors que je pédale dans la vallée en direction de Sainte Marie de Campan, que je me dis que je suis un peu stupide d’y aller par ce froid, j’essaye de me persuader que j’ai raison.

Mais tout aurait pu basculer bien vite…

En arrivant à Sainte Marie de Campan, dans le dernier raidillon juste avant la bifurcation de la route du Tourmalet à droite, une voiture me dépasse. Elle ralenti à l’intersection pour laisser la priorité à droite aux voitures descendant du Tourmalet. Moi j’étais en train d’arriver derrière et je commençais à ralentir (pas très compliqué vu que c’était en montée je devais être à 15 km/h) puisque je n’étais qu’à quelques mètres de la bifurcation et là (alors que la voiture devant est toujours arrêtée), une voiture arrive de derrière et me dépasse sans s’écarter en me frôlant à quelques centimètres. A ce moment je me retrouve coincé entre le mur en crépi à ma droite, la voiture à l’arrêt devant et cette voiture à ma gauche obligée elle même de ralentir et là je vois qu’elle a mis son clignotant à droite et commence à me tasser. J’ai tapé avec le point sur la vitre arrière droite la voiture, j’ai gueulé aussi, mais avec le gant l’andouille n’a pas entendu et n’a même pas tourné la tête et voilà qu’il tourne en me poussant dans le mur…

J’ai raclé le mur en crépi avec le bras droit et la main droite, heureusement que j’avais les gants. Et mon genou gauche a cogné la voiture qui me tassait… J’étais en sandwich et si j’avais été 2 m plus en avant, j’étais complètement écrasé sur l’angle du mur…

Une bien belle frayeur pour commencer. Ça faisait longtemps qu’une voiture ne m’avait pas touché comme ça, mais envoyé dans le mur de la sorte c’est la première fois…

Bien sûr le temps que je me sorte du mur et que je passe l’intersection, cette fichue voiture était trop loin pour que je prenne la plaque et comme par hasard aucune voiture derrière qui aurait pu voir la scène et aller chercher la plaque…

J’étais furieux et très en colère, mais qu’est ce que je pouvais faire… Quand j’ai crié, tous les gens qui étaient à pied se sont retournés mais ça n’a pas été d’une grande aide.

Du coup je me suis retrouvé avec quelques écorchures sur la main droite, une douleur au poignet gauche après avoir tapé sur la voiture et une douleur au genou gauche.

J’ai attaqué le col d’Aspin le couteau entre les dents avec un besoin de me défouler mais du coup, à cet instant plus question de le grimper 2 fois, juste 1 fois suffira…

Mais du coup quand je restais assis sur le vélo, la main droite ne me permettait pas d’enserrer comme il faut le guidon. Debout sur les pédales, c’est la main gauche qui me faisait mal quand je tenais les cocottes et le genou gauche couinait un peu tout le temps…

C’était d’autant plus rageant que les jambes n’étaient pas trop mal et que j’avais la motivation pour le grimper 2 fois, malgré le froid…

J’enroulais bien le 39×25 malgré tout ça et plus l’ascension avançait et plus je m’amusais. Par contre le ciel me semblait être de plus en plus menaçant. Les paysages étaient sublimes avec les contrastes lumineux entre le ciel et la neige, mais je commençais vraiment à craindre la pluie.

Finalement je suis arrivé au sommet sans avoir trop puisé dans les réserves. J’ai demandé à une dame de me prendre en photo au sommet.

Vue sur le versant Arreau que je vais descendre, depuis le sommet.

Ciel menaçant, mais vue superbe sur la vallée d’Aure !! L’Aneto est au fond.

Au sommet, le 1er de la journée, mon 103 eme au total.

Vue sur le Pic du Midi depuis le sommet.

J’ai passé quelques minutes au sommet à admirer le paysage, puis j’ai arrêté de cogité et j’ai attaqué la descente de l’autre côté sur Arreau, les dés sont jetés et tant pis pour moi si je me prends une pluie glaciale un 13 janvier en montagne…

C’est parti pour la descente sur Arreau !

Superbe ! Mais le ciel est vraiment menaçant !

Au pied du versant Arreau, demi tour !

La descente m’a paru bien longue car je n’avais qu’une hâte c’était d’être dans l’ascension de nouveau pour rentrer ensuite. Une fois arrivé complètement en bas à Arreau, le temps d’enlever le k-way et zou demi tour pour remonter les 12 kilomètres d’ascension, quand on aime…

ça faisait longtemps que j’avais envie de revenir sur ce versant, m’y voilà. Alors que j’étais encore dans les 2 premiers kilomètres roulants, je croise quelques voitures qui descendaient et notamment la dame qui m’avait pris en photo en haut, elle basse la vitre et me demande si je me suis trompé de route xD

A 10 km du sommet, c’est parti pour les choses un peu plus sérieuses. J’essayais de ne pas trop trainer à cause du ciel et les jambes tournaient bien. Ouf. C’est un versant que j’adore et les kilomètres défilent assez vite sur la première partie.

C’est à 5 km du sommet qu’on attaque une ligne droite de presque 2 km entre 8 et 10 % et qui peut paraitre longue. Je commençais à sentir que les jambes avaient bien travaillées, mais le sublime paysage fait diversion. La motivation n’est pas facile à trouver avec ce froid mais quand tu vois des couleurs comme celles-là, tu ne peux que savourer le moment présent !! ça vide l’esprit et ça recharge les batteries !!

Les 3 derniers kilomètres à 8 % sont toujours aussi savoureux, le sommet approche mais il n’est pas tout à fait là.

Et me voici au sommet pour la 2eme fois du jour, content des jambes à cette période de l’année.

Au sommet pour la 2eme fois de la journée, petit rayon de soleil superbe, mais il fait super froid !!

Vue sur la vallée d’Aure.

Le Pic du Midi, toujours là.

J’ai reprofité du paysage, mais la température baissait très vite et avec seulement 0°C en haut, je n’ai pas fait long feu, vite vite, la descente sur Bagnères !! En plus j’ai encore du travail le soir. J’ai quand même fait un petit détour au lac de Payolle partiellement gelé et sublime !

J’avais les doigts gelés malgré les gants, je ne les sentais plus… Terrible… C’est en arrivant un peu plus bas dans la vallée que la température était un peu meilleure (4°C) mais c’est là que la douleur dans les doigts a été terrible quand ça remontait en température… Je me mordais les doigts tant c’était douloureux… Les joies du vélo en hiver…

Dans la descente sur Sainte Marie de Campan.

Payolle.

Le lac de Payolle en partie gelé.

Au final ce fut une journée bien remplie depuis 6 h du matin et un après midi avec 65 km et 1850 m de D+. Et ce fut mes 103 eme et 104 eme col d’Aspin.

C’est dans des moments comme ça que je vois à quel point la passion est au dessus de tout. Il fait froid, il a neigé ces derniers jours, le ciel est très menaçant et pourtant je pars quand même en montagne, je me prends une voiture au pied de la première ascension et j’y vais quand même, une fois en haut, le ciel est très menaçant, je n’ai absolument rien a gagner à aller de l’autre côté, je risque de me pourrir la sortie avec le mauvais temps et pourtant j’y vais. Et j’aime ça ! Il y a juste eu cette voiture qui m’a délicatement poussé dans le mur au début de la sortie…

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