29 août 2020 : Retour du périple, les chiffres

Voilà, samedi 29 août, dernier jour, c’est l’heure du retour.

J’ai le train très tôt, à 6h30 à Chambéry, je boucle mon sac, grignote un peu. Je regarde dehors, il a beaucoup plu toute la nuit, mais là on dirait qu’il y a une accalmie.

Je charge ma sacoche sur le vélo, j’essaye d’enfiler tant bien que mal mon sac à dos, mon petit sac de vélo et mon gilet jaune.

Il reste 12 km pour aller à la gare de Chambéry

Il ne fait pas chaud du tout et j’ai aussi mis ma veste thermique pour la première fois des vacances, mieux vaut tard que jamais^^

Allez je m’élance une dernière fois pour cette descente. Il est 5h40.

Dernière fois

La pluie commence à retomber, mince il ne faudrait pas que je sois mouillé car après j’ai toute la journée de train à faire…

La pluie est fine et ne mouille pas trop, ouf, je roule à bloc dans la traversée de Chambéry jusqu’à la gare. C’est limite mais je ne suis pas trop mouillé. Ouf.

Je monte dans le train, c’est parti pour un voyage jusqu’à 21 h avec changement à Valence, Avignon, Narbonne et Toulouse avant d’arriver à Tarbes.

Il fait un temps épouvantable pendant tout le trajet, du vent, du froid. Je passe la journée dans le train avec la veste thermique alors que je ne l’ai pas mise une seule fois de toutes les vacances^^

Finalement je ne dors pas de toute la journée… Trop de choses à penser et surtout c’est que j’ai encore une semaine de vacances et dès le lendemain je serai rejoint par ma coéquipière et qu’il faut s’organiser les prochains jours en mode fiesta !

C’est bien fatigué que j’arrive le soir chez moi.

Petit moment aussi pour dresser un bilan de ces 13 jours passés sur place :

  • 16 août 2020 – Jour 1 : 188 km – 1100 m de D+ : Tour du lac Léman
  • 17 août 2020 – Jour 2 : 85 km – 2050 m de D+ : col des Prés, col du Frêne, col de Marocaz
  • 18 août 2020 – Jour 3 : 94 km – 2100 m de D+ : Mont Revard, col des Prés
  • 19 août 2020 – Jour 4 : 180 km – 4150 m de D+ : col de la Loze, col de la Coche, col de Marocaz
  • 20 août 2020 – Jour 5 : 147 km – 2750 m de D+ : Grand Colombier
  • 21 août 2020 – Jour 6 : 121 km – 3000 m de D+ : col de Plainpalais, Semnoz, col des Prés
  • 22 août 2020 – Jour 7 : 163 km – 3150 m de D+ : col de Bluffy, col des Glières, col des Fleuries, col de Leschaux, col des Prés
  • 23 août 2020 – Jour 8 : 125 km – 2850 m de D+ : col du Mont Cenis, col de l’Iseran, montée d’Aussois
  • 24 août 2020 – Jour 9 : 212 km – 4200 m de D+ : col de la Faucille, Mont Salève, col de Leschaux, Mont Revard
  • 25 août 2020 – Jour 10 : 123 km – 3000 m de D+ : Val Pelouse
  • 26 août 2020 – Jour 11 : 143 km – 1400 m de D+ : Côte d’Or
  • 27 août 2020 – Jour 12 : 141 km – 1900 m de D+ : Lyon – Chambéry, col de la Crusille, col de l’Epine
  • 28 août 2020 – Jour 13 : 109 km – 3350 m de D+ : station de la Toussuire, col du Chaussy, col de Marocaz

C’est assez incroyable car en débarquant le 15 août, je n’avais aucun programme bien défini et je n’avais jamais imaginé pédaler autant.

J’avais dû changer de plan pour les vacances à cause de l’épidémie et je craignais de ne pas réussir à me faire des vacances marquantes, j’avais peur du gâchis d’autant que j’avais demandé à avoir 3 semaines ce que je ne pourrai pas avoir souvent.

Et finalement ce n’est pas telle ou telle sortie qui aura marqué mais l’enchainement au jour le jour de toutes ces sorties.

13 jours

13 sorties

1831 km

35 000 m de D+

Soit par jour en moyenne 140,8 km et 2700 m de D+ sur 13 jours consécutifs.

J’en suis d’autant plus surpris qu’à côté je ne dormais pas beaucoup et pourtant j’ai tenu le choc.

Mes 2 seules sorties de moins de 100 km se sont faites les jours 2 et 3, à cause d’un temps incertain et tout le reste ça aura été des sorties à plus de 120 km sauf la dernière à 109 à cause de l’orage.

10 jours à plus de 2000 m de D+ dont 6 à plus de 3000 m de D+ et 2 à plus de 4000 m de D+

10 jours à plus de 120 km dont 7 à plus de 140 km, 3 à plus de 180 km et 1 sortie à plus de 200.

Ce dont je suis content c’est d’avoir réussi à profiter de chaque coup de pédales durant ces 13 jours, y compris les journées difficiles où j’ai réussi à transposer ça en positif et à passer outre. Et au final, le jour 5 où je n’étais vraiment pas bien j’ai pu monter le Grand Colombier, l’ascension du col des Glière avec beaucoup d’acide lactique ne m’a pas gêné pour la suite de la sortie, le Mont Revard à la fin des 200 km, s’est plutôt bien géré, la sortie avec Joris pas en grande forme s’est pas trop mal passée, l’étape Lyon – Chambéry pas géniale aura peut être été la plus dure au même titre que le Grand Colombier. Et puis le jour 4, lors de l’étape du col de la Loze, j’étais collé pendant près de 60 km dans la vallée au milieu de la sortie avant de retrouver des jambes dans l’ascension du dernier col. Comme quoi tout est possible.

Rentrer fatigué chaque soir, cramé d’une belle journée de vélo, pas beaucoup dormir et repartir le lendemain avec plein de motivation, c’est génial et pouvoir pédaler sans être rattrapé par les soucis du quotidien que j’aurais eu dans les Pyrénées, le top !

Pédaler sans penser à la sortie de la veille, sans penser au premier col ni au au suivant mais juste à celui dans lequel tu es ici et maintenant, savourer chaque instant, même difficile, faire abstraction de la douleur, relativiser sans cesse et en permanence pour continuer à se motiver, à garder ça en toi. Prendre les difficultés comme elles sont et toujours s’adapter, à la pente, à la chaleur, à la forme, à la douleur, en permanence s’adapter…

Et je repars avec des supers moments partagés avec Tatiana mais aussi Angéline, Karine et tous les autres au lac Léman.

Des paysages de dingue, le tour du lac Léman, juste magique, la vue depuis le Mont Revard, le col de la Loze vertigineux avec le Mont Blanc, la vue sublime depuis les lacets du Grand Colombier, ce moment de fou avec Tatiana au Semnoz devant le Mont Blanc, le moment d’histoire au plateau des Glières, une journée inoubliable avec Tatiana au col du Mont Cenisn à l’Iseran et à Aussois, une grande journée de vélo pour relier le lac Léman, le lac d’Annecy et le lac du Bourget par 4 cols, le début avec David lors d’une super ascension du col de la Faucille dont je me souviendrai, le paysage de malade depuis le Mont Salève, la gamelle en arrivant à Val Pelouse, le changement de décor en Côte d’Or avec Joris, la vue sur Chambéry et la Savoie depuis le col de l’Epine après une journée de galère et la jolie montée à la Toussuire et la route en corniche du col du Chaussy.

Et le bouquet final après une météo exceptionnelle, le dernier col du dernier jour juste sous les orages avec les éclairs et les trombes d’eau et le vélo qui déraille à l’amorce du 1831 eme et dernier kilomètre du périple !

J’ai retrouvé avec grand plaisir des ascensions et des cols que j’avais déjà grimpés, pas forcément par les mêmes versants (Mont Revard, col des Près, col du Mont Cenis, col de l’Iseran, col de Leschaux, Semnoz, Grand Colombier) et j’ai aussi fait de jolies découvertes (col de Marocaz, Glières, Mont Salève, col de la Faucille, col du Chaussy, La Toussuire, col du Frêne, Aussois, la Côte d’Or, Val Pelouse, col de la Loze, col de la Coche) avec mes coups de coeur qui sont le col de Marocaz et la montée d’Aussois.

Inoubliable, au même titre que mon périple en France, Suisse et Italie en juillet 2017, au même titre que ma semaine entre Provence et Isère de juillet 2019.

Je n’ai aucun coup de nostalgie de partir car j’ai vraiment profité pleinement, et quand on profite pleinement, c’est juste génial et rentrer ou reprendre le travail ne pose pas de soucis, exactement comme en 2017 pour moi.

Place très vite avec une troisième semaine de vacances tout aussi inoubliable et imprévue, vacances de folie jusqu’au bout du bout !!

Ces 2 semaines sont un joli clin d’oeil à 2013. A l’époque j’habitais à Albertville et le 15 août j’étais tombé à pleine vitesse dans la descente du col du Glandon, urgences, gros bobos, et j’avais repris le vélo le 31 août à l’époque avec de la frustration d’avoir été 2 semaines en plein été sur le carreau alors que je sentais déjà que je ne resterai plus très longtemps sur place.

Et cette année je suis arrivé en Savoie, le 15 août et j’ai pédalé tous les jours entre le 16 et le 28 comme pour rattraper le temps perdu de 2013. Le puzzle est complété !

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