1er août 2019 (40e sortie) : voyage J5 : Alpe d’Huez, col de Poutran, col de Sarenne et station des 2 Alpes

Récapitulatif

Ce jeudi 1er août, je me lève tôt avant le lever du jour. Une belle journée m’attend. Je sens mes jambes après l’étape de la veille qui m’a vue finir complètement cramé. Mais j’aime bien comme ça.

J’espère que les jambes seront meilleures que les 2 jours précédents et se rapprocheront plus de la forme que j’avais lors du premier jour avec l’ascension du Mont Ventoux.

L’objectif de la journée serait de grimper jusqu’au col de l’Herpie à 3050 m d’altitude. Mais rien n’est moins sûr car les 8 derniers kilomètres font prendre environ 1250 m de D+ soit une moyenne de 15,6 % sur une piste dont je ne sais pas si elle est praticable en VTC ou si il faut impérativement un VTT. De plus sur ces 8 kilomètres il y en a un qui est à 3 % de moyenne, ce qui fait une moyenne plus proche de 17,4 %. Et bien sûr, avant d’arriver à ces 8 derniers kilomètres, il faut grimper l’Alpe d’Huez, ce qui donne une ascension totale de 28 km à 8,2 % de moyenne.

Et puis, ne pas oublier non plus que pour rentrer, il me restera ensuite environ 250 m de dénivelé à prendre jusqu’au col de Sarenne puis l’ascension jusqu’à la station des 2 Alpes.

En gros, avant même le départ de cette sortie j’avais un petit doute quant à la possibilité d’accéder au col de l’Herpie vu les pourcentages monstrueux de la piste et surtout je n’avais que très peu d’infos sur la praticabilité de cette piste. Une chose est sûre, je n’irai pas chercher la Lune et je préfère plutôt viser le col du Jandri (3200 m) le lendemain qui est plus accessible bien que déjà monstrueux en lui même.

C’est dans cette incertitude que je mange mon petit dej’ et que je me prépare à partir. Le jour se lève tout juste, il fait très frais à 1650 m d’altitude encore et je mets le k-way pour faire la descente.

Premier objectif, descendre et rejoindre le Bourg d’Oisans.

Il n’y a pas encore grand monde sur les routes, il est très tôt. Je me fais plaisir dans la descente sur ma randonneuse. J’apprécie aussi de ne pas avoir le poids des bagages sur le vélo.

Je tourne à gauche pour reprendre la petite route en balcon que j’ai faite hier pour accéder à la station des 2 Alpes. Voir le lever du soleil sur les gorges de l’Infernet, un luxe énorme auquel j’ai droit, j’en prends plein les yeux !! Je suis tout seul sur cette route et je savoure.

Au lever du jour sur la route en balcon.
La vue est sublime avec ces couleurs
Je suis chanceux de voir ça avec les premiers rayons du soleil

Puis ensuite la descente reprend dans la forêt sur les kilomètres très raides avant de rejoindre la route principale en bas. Le tunnel du Clapier à passer, puis la très longue ligne droite vers le Bourg d’Oisans.

Ça parait dingue, mais rien que pour arriver au pied de l’Alpe d’Huez il m’a fallu près d’1 heure en comptant les pauses photos.

Me voici au pied de l’Alpe d’Huez (1850 m). Je ne l’ai faite qu’une fois, c’était en 2012 et j’étais arrivé en vélo de Sassenage et je m’étais donc paluché toute la vallée de la Romanche, j’avais fini à la dérive l’ascension avant d’attaquer le retour par cette même vallée. Une sortie à près de 150 km à une période où je sortais de la grippe.

Je n’avais pas trouvé cette ascension très belle en plus.

On va voir ce coup-ci ce que ça va donner.

J’enlève mon k-way et c’est parti pour l’ascension. 13,8 km à 7,9 % de moyenne avec les virages plats entre les lacets. Le plus dur est au début sur les 3 premiers kilomètres à plus de 10 % et un passage maxi à 13 %.

Il est encore tôt et il n’y a pas beaucoup de cyclistes. C’est fou l’heure tardive à laquelle ils partent la plupart ! Moi ça fait déjà plus d’une heure que je suis parti.

Le début est exactement comme dans mes souvenirs, très bétonné. Une bonne chose par contre, c’est que je sens que les jambes sont meilleures que la veille et je trouve le rythme rapidement. Ça va être une bonne journée !

Au fur et à mesure de l’élévation, la vue sur la vallée de la Romanche se dévoile petit à petit. A chaque virage je lis les noms des vainqueurs des étapes et me remémore l’Histoire du Tour de France ici. Je suis content de voir le nom de Thibaut Pinot au virage 14 et celui de Riblon également. Ils n’y étaient pas encore la dernière fois que j’étais venu ici.

Dans la montée de l’Alpe d’Huez
Les lacets de l’Alpe d’Huez déjà parcourus avec le soleil

Je suis content d’y être avec le VTC ce coup-ci, de lui faire voir du pays à ma randonneuse 🙂

Je pédale aux alentours de 10,5 km/h On ne va pas chercher à aller plus vite, la journée sera longue. Je m’amuse quand même avec un groupe d’environ 6 ou 7 cyclistes en vélo de route qui est à peu près 100 m derrière moi car je vais légèrement plus vite qu’eux et l’écart se réduit à chaque fois que je m’arrête pour les photos et je reprends à nouveau un peu d’avance en suivant. Mais ils ne reviendront jamais finalement et ça me rassure sur mes jambes.

Il y a un peu de circulation mais pas encore énormément, ouf. Le virage des hollandais rappelle plein d’images que l’on voit à la télé.

L’ascension se passe bien et les kilomètres défilent, les jambes tournent et j’apprécie de grimper. Par contre, pour ce qui est du paysage c’est aussi comme dans mes souvenirs, à part quelques endroits pas trop mal, c’est vraiment très moche comme ascension.

Là j’avais envie de refaire le côté mythique mais la prochaine fois j’opterai pour la variante par Villards Reculas qui a été très bien décrite par Joris sur son site et dont il a bien apprécié le paysage.

J’arrive dans la station et je prends la direction de la ligne d’arrivée des étapes du Tour de France. Il m’a fallu à peu près deux fois plus de temps que Pantani pour là haut avec ma randonneuse^^

Sur la ligne d’arrivée qui marque la fin de l’ascension de l’Alpe d’Huez mais ça va continuer à monter un peu.

Je ne m’attarde pas trop car l’endroit est sans grand intérêt et je décide de poursuivre vers le premier crochet, à savoir le col de Poutran (1996 m) et le lac Besson juste après. Il y en a juste pour 3,5 km entre 6 et 7 % de moyenne.

J’enfourche de nouveau le vélo, le soleil est de plus en plus haut, la journée est belle, tout va bien.

Au moment où je quitte cette avenue pour passer au dessus de l’Alpe d’Huez, je me retrouve avec 2 autres cyclistes qui montent aussi vers là bas. Nous discutons, très sympas, ils s’appellent Adrien et Gaspard et sont hauts savoyards. Nous discutons tout du long, c’est vraiment agréable. Nous arrivons au bord du lac Besson sans trop s’en apercevoir^^. Nous nous arrêtons et nous discutons des itinéraires possibles dans le coin avec ma carte routière.

Devant le lac.

Puis nous repartons, ils vont aussi vers le col de Sarenne (1999m), nous ferons quelques kilomètres ensemble.

Nous redescendons sur l’Alpe d’Huez, c’est franchement sympa de voir la station du dessus. Nous retraversons la station plutôt moche, nous prenons le rond point et la direction de l’altiport. Ça remonte pour quitter l’Alpe d’Huez par ce côté, c’est un immense chantier très très moche avant que nous nous retrouvions en dehors de la station et là….on entre au paradis.

Plus de construction, plus de voiture, juste nous !

Nous nous arrêtons plein de fois pour prendre des photos à tour de rôle à différents spots et nous en profitons pour regarder le décollage et l’atterrissage des avions de tourisme depuis l’altiport qui présente une déclivité impressionnante.

En quittant l’Alpe d’Huez

La route se met à descendre franchement sur plusieurs kilomètres dans un décor somptueux à flanc de ravin. C’est impressionnant le contraste entre la montée de l’Alpe d’Huez et la station où se concentre la majorité des gens et cette somptueuse route juste à côté où il n’y a plus personne.

Après 5 km, on arrive à un point bas de la route à 1750 m. Je m’arrête là. Je salue Adrien et Gaspard car à ce stade c’est là que nos routes se séparent.

Je lève les yeux vers la soi-disant piste. C’est bien ce que je craignais. Un mur se dresse devant moi sur un sentier de rando. Un énorme troupeau de moutons en descend et j’observe la difficulté qu’ils ont à garder l’équilibre sur cette pente impressionnante. Le temps que le troupeau descende et passe (je me suis retrouvé au milieu de plusieurs milliers de moutons^^), j’ai sorti ma carte routière pour vérifier que la piste était bien là.

Je vois des randonneurs qui montent en s’aidant de leurs mains pour avancer et grimper.

Clairement c’est juste impossible en VTC d’y aller, la pente est telle que je vais être obligé de pousser le vélo et quand je vois la galère des randonneurs pour grimper, je me demande comment moi je ferai avec le vélo en plus. Et puis la descente est impossible à faire sur le vélo aussi, il faudrait donc pousser le vélo en montant et en descendant sur ce sentier.

Ce n’est clairement pas envisageable.

Le fameux troupeau de moutons^^

Allez, je ne perds pas plus de temps, je remets ma carte routière dans le sac à dos et je repars direction le col de Sarenne pour continuer mon parcours.

Il reste un peu plus de 3 km à grimper jusqu’au col de Sarenne avec un kilomètre maxi à 9,3 %. Les jambes tournent toujours bien et le fait de ne pas avoir la piste d el’Herpie à faire, fait que je me lâche un peu plus et je me fais plaisir. Finalement j’arrive au col de Sarenne à 1999 m d’altitude où je rejoins Adrien et Gaspard. Je leur raconte comment se présentait la piste de l’Herpie.

Nous passons quelques minutes au sommet à discuter avec d’autres cyclistes du coin et nous grimpons sur le talus au dessus du col pour accéder à la table d’orientation d’où on prend une belle claque avec un paysage à couper le souffle !

Devant nous de l’autre côté, le glacier de la Meije et le glacier de Mont de Lans. C’est à ce dernier que je prévois de grimper demain !!

Incroyable de les voir comme ça et de visualiser où je compte bien aller.

Et en contrebas, toute la vallée de la Sarenne avec le ravin vertigineux jusqu’au lac du Chambon. On en prend plein les yeux.

Au sommet du col de Sarenne
Vue sur la Meije et le glacier de Mont de Lans. Sublime !
Je m’éclate !
Vue sur le col de Sarenne.

Nous reprenons nos vélos et attaquons la descente sur le lac du Chambon. La pente est vraiment raide, même vertigineuse par moment. La route est étroite et en plutôt mauvais état. Ça nécessite de la concentration et de la prudence pour éviter les trous et les déformations de la chaussée. Nous croisons plusieurs cyclistes qui peinent sur ces pentes impressionnantes mais quel plaisir ils doivent avoir de grimper dans ce décor !!

Nous faisons plein de pauses photos tout au long de la descente et un arrêt remplissage de bidons à Clavans le Haut, joli petit village traditionnel.

Une descente sublime !

Au fil de la descente, je réfléchis à la suite de mon parcours comme du coup je ne grimpe pas au col de l’Herpie.

Là il ne me reste plus qu’à descendre au lac du Chambon et de grimper les 9 kilomètres ensuite jusqu’à la station des Deux Alpes. Mais du coup j’aimerais bien corser un peu le parcours.

Il y a bien le chemin du col du Souchet qui me tente bien. Il faut le prendre depuis la fin de la descente du col de Sarenne et grimper à Besse. Mais le petit soucis c’est que je ne sais pas exactement le kilométrage ni la difficulté de la pente, je n’ai pas encore pris le temps de regarder tout ça. J’hésite beaucoup car je ne sais pas trop dans quoi je m’embarquerais. Surtout qu’en suivant après je vais devoir remonter aux Deux Alpes.

Heureusement, je vais avoir de l’aide dans ma réflexion puisque le ciel se charge au fur et à mesure et bien qu’il ne soit pas encore menaçant, je n’ai pas trop envie de risquer de me prendre un orage sur la figure plus tard dans l’après midi.

Allez, je vais être doublement raisonnable après avoir renoncé à la piste de l’Herpie, je pense qu’il est plus sage de remonter directement aux Deux Alpes tant que je ne suis pas cramé.

Je pense que c’est le petit regret de mon séjour.

J’aurais pu faire ce détour, l’orage n’a pas éclaté et j’avais les jambes mais bon avec des si…

Fin de la descente sur le lac du Chambon.

Je finis donc ma descente sur le lac du Chambon. Nous nous arrêtons pour prendre des photos et nous dire au revoir car Adrien et Gaspard logent sur Bourg d’oisans et vont donc redescendre non sans passer par la station d’Auris en Oisans. Ce fut une très belle rencontre avec eux deux et j’espère les croiser dans les Pyrénées une prochaine fois.

Quant à moi, je suis au pied de l’ascension des Deux Alpes.

C’est reparti, en plein soleil. Je commence à fatiguer légèrement mais les jambes tournent toujours et finalement, contrairement à la veille, je vais bien apprécier l’ascension.

La vue sur le lac du Chambon en contrebas est sympa avant de passer plutôt au milieu d’arbres. Replat en passant à Mont de Lans avant que la pente ne reprenne ses droits sur de longues lignes droites.

Dans la montée vers les 2 Alpes

Ce coup-ci, ça passe beaucoup mieux que la veille !! Les jambes sont là et ça avance. C’est là que je vois que les virages sont numérotés comme pour l’Alpe d’Huez et indiquent la distance restante avant le sommet.

Les dernières lignes droites sont longues mais moins que la veille. J’arrive à la station, très heureux de ma sortie.

Mais finalement après la dernière ascension, je suis plus en forme que ce que je pensais et c’est là que je me dis que j’aurais pu faire le crochet au col du Souchet et admirer le glacier de la Meije depuis là bas. Tant pis, peut être une prochaine fois. D’autant plus que l’orage n’éclatera pas ce soir.

Fin de l’ascension et de la sortie.

Il est finalement assez tôt dans l’après midi car la sortie fut courte, seulement 73 km et 2400 m de D+ avec cette jolie boucle et une sorte de mini réconciliation avec l’ascension de l’Alpe d’Huez qui m’avait fait très mal aux jambes il y a 7 ans.

La suite de l’après midi sera consacré à la préparation de l’expédition du lendemain. Ce sera court en distance mais épique avec au programme l’ascension de mon premier 3000 m au col du Jandri jusqu’au glacier de Mont de Lans à 3200 m. La tension monte petit à petit.

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