27 juillet 2018 (25e sortie) : col du Tourmalet en trio pour le Tour de France

Ce vendredi 27 juillet, ça faisait longtemps que je m’étais réservé la journée !! Et pour cause c’est jour de passage du Tour de France sur les grands cols Pyrénéens !

19 eme étape, départ de Lourdes et arrivée pas bien plus loin, à Laruns mais entre les deux, passage à Bagnères, col d’Aspin, col du Tourmalet, col des Bordères, col du Soulor / col d’Aubisque.

Une sacrée étape dans le final du Tour. Il n’y a plus vraiment de suspense pour la victoire mais plutôt pour les places sur le podium.

La journée est au beau fixe et j’ai réussi à me libérer ! J’envisage d’aller les voir passer au col du Tourmalet (2115 m) comme en 2011 et 2015 (j’y étais aussi pour la Route du Sud en 2014). A chaque fois je me place à 300 m du sommet avec vue imprenable sur les 2 derniers kilomètres.

Ce coup-ci je vais y aller avec Denis !! Il est dispo aussi la journée ça va être top. Et nous grimperons aussi avec Angéline, venue de Montpellier que Denis connait bien et avec qui il a monté le Mont Ventoux en juin. Je connaissais Angéline uniquement sur a toile, ce sera l’occasion de la rencontrer.

Rendez-vous est donné à 8 h devant chez Denis à Bagnères.

Je me lève vers 6h30, le temps de prendre le petit dej’, mais je n’ai pas très faim en général le matin, du coup ce sera juste quelques tranches de pain avec du miel. Je prépare les affaires, de quoi manger et j’enfourche le vélo.

La journée s’annonce radieuse. Qu’est ce que j’aime partir comme ça à la fraiche, malheureusement depuis quelques années ces moments là sont rares avec le travail, c’est plus le samedi après midi que je pédale.

J’en profite.

La vue sur les Pyrénées est toujours majestueuse. J’étais un peu limite sur l’horaire du coup je pédale sur un bon rythme et j’arrive à 8 h pile devant chez Denis. Ils sont fins prêts avec Angéline. Les présentations et on se prépare à y aller.

Prêts au décollage à Bagnères, une belle brochette !

Bien sûr c’est jour de Tour de France, il va y avoir du trafic !! Voitures, gendarmes et cyclistes ! Moi qui n’aime pas la foule, je vais être servi xD

Mais j’aime bien aussi car c’est l’occasion de voir des tas de personnes, des cyclistes de tous horizons, c’est toujours une ambiance à part.

Nous remontons la vallée vers Sainte Marie de Campan. La bonne humeur et le sourire sont au rendez-vous.

On discute. Denis ralenti aussi pour discuter avec d’autres personnes qu’il connait du club, mais du coup il fait l’effort pour revenir et on a presque l’impression qu’il va se griller avant même le début du col. Sacré Denis !

A Sainte Marie de Campan, nous sommes au pied de l’ascension. C’est blindé. Petite pause. Je mange une pâte de fruit, c’est que j’ai déjà très faim avec le ventre qui gargouille. Toujours des situations bizarres. Au pied du Tourmalet, t’as faim et tout va bien.

C’est reparti. Les 4,5 premiers kilomètres jusqu’à Gripp sont roulants. De quoi rouler de concert. Ce sera le premier col pyrénéen pour Angéline, voilà qui va lui faire aimer les Pyrénées à coup sûr !!

Elle grimpe bien !

En direction du Tourmalet, els choses sérieuses n’ont pas encore commencé

 

A Gripp c’est parti pour 12,5 km à 9 % de moyenne jusqu’au sommet. Il n’a pas changé. J’avais plutôt des jambes pas mal, mais avec le ventre qui gargouille, je ne savais pas trop quand la fringale allait me tomber dessus, du coup j’ai opté pour rouler tout tranquillement, sans forcer et presque me laisser emmener au sommet.

J’ai trouvé facilement le rythme adéquat. C’était un peu la pagaille avec les cyclistes à dépasser, les voitures, les piétons, les camping cars garés. Je me suis retourné mais je n’arrivais pas à voir où en était Denis et Angéline avec tout ce monde. C’est dommage car Angéline n’était pas loin à ce stade et nous aurions pu grimper ensemble.

En tout cas sur un petit rythme, j’ai profité de l’ambiance, c’était assez fou tout ce monde. Dès la ligne droite d’Artigues à plus de 10 km du sommet, il y avait énormément de camping cars garés, aux cascades il y a El Diablo. Les kilomètres suivants sous les arbres se font sans véhicule garé, la gendarmerie est même en train de mettre un PV à une voiture qui traine là.

Je rattrape un cycliste hollandais qui parle un peu le français, on discute un peu.

Le lacet du Garet, j’ai toujours faim mais je ne sens pas la fringale arriver, tout va bien. La stèle où Eugène Christophe a cassé sa fourche en 1913, pas sûr que beaucoup la voient avec les camping cars devant…

Les paravalanches avant La Mongie, une foule énorme, c’est même un peu dangereux avec les véhicules garés sur les bords, les piétons, les voitures qui roulent et certaines qui descendent et les cyclistes dont certains n’ont pas l’habitude et qui zigzaguent sans crier gare. J’ai dû faire un bel écart à un moment pour en éviter un qui est finalement rentré dans le cycliste à sa droite.

Avec tous les camping cars garés sur les bords et les aires de chainage, la route avant La Mongie et à la sortie qui est très large en temps normale, parait bien étroite xD ça change.

Juste avant l’entrée dans la station, je passe le portique du Tour indiquant le sommet à 5 km.

A la sortie de La Mongie on voit les 4 derniers kilomètres et cette file en continue de véhicules garés, c’est impressionnant.

A 5 km du sommet, juste avant l’entrée dans La Mongie

Impressionnant

Le sommet là bas

 

Dans la dernière rampe plus raide, j’ai été surpris de voir des barrières le long de la route, c’est la première fois que je vois ça en haut du Tourmalet.

Quel bazar en arrivant au sommet sous le portique indiquant le col Hors Catégorie !! Enormément de cyclistes au sommet mais aussi des voitures qui roulaient dans les deux sens. Et avec les barrières, la route était plus étroite sur le sommet. A ce moment là ce n’est pas forcément super agréable…

Ascension faite en 1h29. Plutôt content puisque j’attendais la fringale qui n’a pas voulu de moi finalement^^

Je me suis mis un peu plus loin et j’ai téléphoné à Cyrille. Hé oui parce que j’ai oublié de le dire, mais j’ai branché Cyrille pour qu’il vienne aussi. Mais attention, il ne vient pas en vélo !! Mais en voiture xD Ahlalala, Cyrille, il faudrait le motiver à rouler plus souvent pour qu’il puisse de nouveau grimper le Tourmalet…

Bé du coup il était avec ses voisins et ils venaient de se garer à La Mongie et montaient à pied. Il était 10h15, ils arriveraient dans 1 h au sommet.

Moins de 10 minutes après, Angéline est arrivée au sommet avec un grand sourire, en pleine forme. On a échangé nos impressions en attendant que Denis arrive, finalement il a aussi fait une montée régulière.

Séance photos et vidéos, Denis va en terminer sa batterie de téléphone (il va aussi faire chauffer ma batterie externe). On s’est bien amusé.

Par contre, les gendarmes ne sont pas vraiment agréable au sommet et pas supers sympas avec les cyclistes, certains se font pousser sans ménagement pour laisser le passage aux voitures. Et on se demande bien ce qu’elles font là ces voitures…

Au sommet du col du Tourmalet !! Mon 63eme.

Un joyeux trio !

Vue versant Barèges / Luz Saint Sauveur

Déco devant l’entrée de la boutique souvenirs.

 

Angéline ne reste pas pour voir passer les coureurs, elle a ses enfants qui l’attendent à Bagnères et ne veut pas les laisser seuls trop longtemps. Après avoir pris soin de nous laisser ses réserves d’eau, elle part pour la descente. Ce sera épique avec cette foule et le moment où ils vont barrer la route à la circulation.

Avec Denis, nous nous dirigeons vers le bar pour prendre des bières. En faisant la queue, une sacoche de guidon qui semble avoir du vécu accroche mon regard. Elle est dans les bras d’un cycliste avec qui nous entamons la conversation. Et quel personnage !! Il s’appelle Pascal, il est suisse et il est en train de terminer son tour du monde à vélo qu’il a commencé depuis….6 ans en 2012 !!!

Nous nous asseyons tous les 3 pour trinquer ensemble et discuter. Il nous raconte des tas d’histoires !! Son vélo qui se fait écraser par un éléphant en Zambie, la perte de ses papiers d’identité en Afrique du Sud, son coup de coeur pour la Colombie et les colombiennes, ses passages dans le désert du Soudan, l’Alaska, le vol de son ordi aux Etats Unis… Je rêvais éveillé. 100 000 km parcourus entre novembre 2012 et avril 2018 et là il est dans le dernier mois de son périple (retour en Suisse chez lui le 25 août).

Il avait un rêve, c’était de voir passer le Tour de France au sommet du Tourmalet.

C’est un réel privilège de partager ce moment avec lui.

Avec Pascal, le voyageur suisse en fin de tour du monde !

Quelques bières sont descendues

La sacoche de Pascal qui ‘ma tapé dans l’oeil !

Après un bon bout de temps, Cyrille est arrivé avec ses voisins. Ça fait super plaisir de le revoir aussi !!

Nous avons descendu quelques bières supplémentaires puis nous sommes allés chercher une place où nous mettre. Mais avec les barrières et les camping car garés, c’était galère de passer avec les vélos car nous étions à flanc de talus. Cyrille était descendu jusqu’au dernier virage à 450 m un peu plus tôt, mais Denis et moi étions un peu embêtés pour se faufiler avec les vélos. Et Pascal n’en parlons pas, avec son vélo chargé de bagages…

Du coup nous sommes restés en amont et nous nous sommes installés sur le toit en béton d’un transformateur électrique à 250 m du sommet du col. Nous avions une vue sur les 2 derniers kilomètres.

Il était midi passé, l’heure de manger. J’ai sorti le pique nique que nous avons partagé avec Denis et Pascal, lui est absolument ahurissant puisqu’il nous sort de ses sacoches, du pain, du pâté et nous tend un verre…de pastis…(si si je vous jure il avait tout ça !!). Et je en parle pas du café qu’il nous a préparé sans oublier de nous faire goûter le pain qu’il se fabrique tous les matins.

Nous étions au sommet du col du Tourmalet à 2 pas de chez nous et nous avions l’impression d’être les invités de Pascal !! xD

Peu après, la caravane est passée.

Vue depuis notre emplacement à 250 m du sommet.

Un goûter qui tombe bien.

 

Puis ensuite, plus les minutes passaient et plus l’ambiance chauffait. J’étais tenu informé du déroulement de l’étape par Eric des Deux Sèvres (vous vous souvenez, de l’Aubisque en août 2015 et des infos météo pendant mon périple de l’an dernier en Suisse et en Italie), c’était top ! Je regardais aussi de temps en temps sur le téléphone mais il fallait faire gaffe à la batterie. Et avec Cyrille, même si nous nous informions aussi, à 100 m d’écart 😀

Puis les coureurs sont arrivés. Nous pouvions les voir de loin, c’était hallucinant de voir la vitesse à laquelle ils arrivaient !!

Les échappés auront mis 50 min pour grimper le col depuis Sainte Marie de Campan, soit 20 km/h de moyenne !!

Comme espéré, c’est Alaphilippe avec son maillot à pois qui passe en tête au sommet du col. Parmis les échappés j’ai aussi pu reconnaitre Barguil, Jungels.

Alaphilippe quis ‘arrache pour passer en tête !

Majka

J’ai repéré Mollema dans son style saccadé. Peu après c’est le groupe de contre attaque qui est passé avec Landa, Zakarin et Bardet notamment. Ce dernier était un peu à l’arrache en fin de groupe mais il finira quand même 3eme de l’étape.

Groupe Landa, Zakarin, Bardet qui avaient attaqué

Dans le groupe maillot jaune j’ai juste reconnu Thomas en jaune et Latour en blanc. Mon regard a dû être accroché par des détails car je n’ai même pas vu les Movistar dans ce groupe.

Après c’est une succession de petits groupes et de coureurs lâchés. J’ai pu reconnaitre Rolland, Calmejane (en grosse galère), Van Avermaet, Gaudin (qui a lâché ses guidons pour se ravitailler sur du 14 % en enroulant un énorme braquet et en paraissant souffrir, et le gars va se taper l’Aubisque après…), De Gendt, Vichot, Laporte, Démare dans le gruppetto et Sagan distancé de quelques mètres par le groupe Démare qui était en énorme souffrance après sa chute d’il y a 2 jours, il grimaçait énormément.

Groupe maillot jaune

Groupe Pierre Rolland

Groupe Laporte (2eme la veille)

avec Calmejane dans le dur

De Gendt au milieu

Damien Gaudin

Arnaud Démare, vainqueur la veille

Sagan en souffrance

 

Et loin, très loin derrière à près de 40 minutes des premiers, c’est Vanendert qui est passé à l’agonie et qui abandonnera un peu plus tard dans l’étape.

Et là…c’est le bazar maximal, tout le monde veut redescendre en même temps, piétons, cyclistes, voitures et même des camping cars pas très malins qui ont cherché à s’en aller, bloquant toute la circulation…

Avec Denis on s’est élancé dans la descente et nous l’avons fait pratiquement entièrement sur la voie de gauche car c’était une file ininterrompue de voitures à droite. Il fallait faire attention aux quelques voitures qui montaient en face mais surtout à tous les cyclistes qui se dépassaient et qui se rabattaient juste devant parfois ou ceux qui étaient sur les freins et qui n’avançaient pas devant…

ça a continué comme ça aussi entre Sainte Marie de Campan et Campan…

Ce n’est qu’après que ça allait mieux. Dans les faux plats descendants, Denis envoyait du bois, moi j’étais à bloc 100 m derrière après avoir été bloqué par un camping car dans Campan, je me suis arraché pour retrouver sa roue pendant qu’il ralentissait^^ Je suis resté calé derrière jusqu’à Bagnères.

A Bagnères, direction chez Denis pour l’apéro, discuter et regarder la fin de l’étape. Nous y avons retrouvé Angéline, puis l’ami Tony, notre mécano préféré qui connait tout de nos vélos.

Mais j’avais encore 18 km à faire pour rentrer et du travail pour préparer ma journée de demain. C’est donc après avoir bu les bières un poil vite que je suis parti. Inutile de dire que j’avais l’impression de planer sur les 18 derniers kilomètres et que je les ai avalés tambours battants sans m’en rendre compte. Merci les bières.

96 km et 2000 m de D+ pour cette belle journée, une ascension agréable et des supers rencontres.

Le soir a été bien rempli et le lendemain, c’était samedi, j’étais donc de nouveau à Bagnères le matin pour le travail. Malheureusement il ne faisait pas très beau. Denis est passé, c’était top et nous avions proposé à Pascal (qui a dormi sous la tente à Artigues dans la première partie du Tourmalet), de nous rejoindre au marché de Bagnères pour l’apéro et le repas. Super moment passé de nouveau avant qu’il ne reprenne son chemin vers l’Ariège (mais pas par les montagnes, il en a assez fait).

Un sacré personnage !!

Samedi midi au marché de Bagnères sous la bruine

Quant à moi, je ne le sais pas encore mais cette sortie ainsi que la pluie le lendemain qui va m’empêcher de pédaler samedi aprem vont faire que je vais me débrouiller pour être dispo le lundi, 3 jours plus tard et faire une sortie inoubliable un peu sur un coup de tête…

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