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Jan 17

1er janvier 2017 (1ère sortie) : Traversée des Baronnies

Avec le soleil qui brille de mille feux sur les Pyrénées depuis plus d’un mois, j’avais forcément en tête de bien lancer 2017 par une sortie en vélo. J’ai pris la journée du 1er janvier pour cela.

Cependant, contrairement à l’hiver 2015/2016 qui était très doux, là il fait un peu plus frais et c’est peu dire !!

Le 1er janvier 2016 j’avais pu aller au col d’Aspin. Là ce coup-ci je voulais remettre ça.

La sortie ne va pas se dérouler tout à fait comme prévu.

Pourtant le week end avait bien commencé avec la montée au col d’Aspin le 31 décembre l’après midi après le travail. La soirée du réveillon s’annonçait bien puisque j’allais chez Cyrille à Ozon à côté de Tournay, le vélo était de la partie. Nous projetions de partir de chez lui le lendemain matin pour la première sortie de l’année. J’avais un impératif de rentrer à Barbazan pour le repas du midi. Du coup il fallait partir tôt car c’était une bonne centaine de kilomètres qui m’attendait.

Au menu, une demie traversée des Baronnies sur 30 kilomètres pour rejoindre le col de Coupe puis la vallée d’Aure que l’on remonte sur plus de 15 km pour rejoindre Arreau, l’ascension du col d’Aspin sur 12 km avant de faire les 45 kilomètres depuis le sommet jusqu’à Barbazan.

Cyrille a mal à l’épaule et ne m’accompagnera (en théorie) que sur le début jusqu’au col de Coupe, mais au moment d’aller dormir il perdait en motivation au fil des minutes^^

Nous sommes couchés tard (ou tôt le matin) comme tout le monde et au moment de se lever à 7h30, j’ai quand même hésité. J’étais bien tranquille à dormir, et puis non finalement, je me suis levé prêt à y aller.

Cyrille n’avait pas envie de venir et c’est donc tout seul que je suis parti à 8h du mat. Il faisait froid mais au début on ne le sent pas trop mais très vite ça va se sentir^^

Les Baronnies je n’aime pas trop y aller en hiver car c’est très vallonné et surtout très encaissé et donc très froid, certains endroits ne voient pas le soleil de tout l’hiver et au fin fond en bas, c’est plutôt glacial comme ambiance.

J’ai déjà testé plusieurs fois^^ Mais là si je veux rejoindre Arreau sans trop prendre les grandes routes c’est par là qu’il faut aller.

Après moins de 500m je tourne à droite et c’est donc parti pour les Baronnies.

Tout est blanc de givre. Je croise 2 voitures d’entrée puis après je me retrouve tout seul. Le froid est prenant et vraiment pas agréable mais à ce moment je le supporte bien. Cependant après m’être arrêté pour prendre une photo au début, c’était glacial en enlevant mon gant et j’ai donc décidé de ne pas reprendre de photo tant qu’il ne ferait pas meilleur. J’avançais et je regardais la température descendre sur mon compteur. Il faisait -7°C, ben dis donc… J’étais un peu tétanisé et je pédalais machinalement. Mais au fil des minutes la température était toujours à -7°C et je me refroidissais, le je commençais à avoir sacrément froid au bout des doigts malgré les gros gants, j’aurais dû prendre des sous gants aussi…

C’est parti à l’entrée des Baronnies. C’est beau mais glacial…

Dernière photo avant plus de 2 h de temps…trop froid…

Je me motivais en me disant que le soleil allait bientôt se lever et que les températures grimperaient et que ça irait mieux ensuite, mais j’appréhendais quand même beaucoup les 15 km dans la vallée d’Aure, pour peu qu’il y ait du vent ça serait un vrai calvaire.

Mais en attendant ça devenait terrible là où j’en étais, je me posais beaucoup de questions sur la suite du parcours. Arrivé à l’Abbaye de l’Escaladieu, il y a la possibilité de grimper en 6 km au Haut de la Côte et de sortir des Baronnies pour rentrer. Mais j’ai choisi de continuer comme prévu en espérant voir les température remonter.

Aux villages suivant à Bonnemazon et Bourg de Bigorre il y a aussi la possibilité de sortir de là par les côtes de Castillon ou encore le col des Palomières. Mais je suis têtu et j’ai continué et là c’est parti pour 15 km de plus. Et là c’est devenu horrible, je ne sentais plus mes doigts, j’étais tétanisé, j’allais plus vite dans les faux plat montants que sur les parties descendantes. Il y avait des énormes plaques de verglas dans les virages, sur plusieurs dizaines de mètres, je faisais très attention à l’équilibre. Et je voyais les premiers rayons de soleil sur les hauteurs pendant que j’étais au fond. Et je me maudissais en me demandant pourquoi j’étais pas resté à dormir et pourquoi je n’avais pas choisi de bifurquer pour rentrer au plus vite.

Faire demi tour ce n’est pas mon truc, j’ai donc continué. Alors que j’étais encore à quelques kilomètres du pied du col de Coupe, c’était décidé dans ma tête, je ne ferai pas le programme prévu, beaucoup trop froid et tétanisé comme j’étais je ne savais pas ce que ça allait donner dans l’ascension du col d’Aspin et pour les horaires ce serait limite. A Lomné, j’ai pris la direction d’Esparros pour retraverser les Baronnies par l’autre côté afin afin de grimper la côte de Laborde, le Couret d’Asque et le col des Palomières pour sortir de là. Ça me ferait donc au final un tour complet des Baronnies.

Après presque 2 heures entières passées à -7°C, il commençait à faire plus chaud, la température atteignait -3°C et ça se sentait, j’ai attaqué la côte de Laborde plus que motivé, d’une part car j’attaquais « l’autre » moitié et donc le retour pour rentrer et d’autre part car je voyais le soleil qui illuminait le village de Laborde en haut et j’avais hâte d’y être aussi.

Malheureusement la route n’est pas tout à fait au soleil. J’ai hésité à faire le détour vers le centre du village mais je me suis dit que je préférais aller au plus vite au sommet du Couret d’Asque.

Et du coup, alors qu’il faisait -1°C à Laborde, je suis redescendu en bas de l’autre côté, dans le froid à -6°C.

Par chance, en attaquant le Couret d’Asque j’ai vu que le soleil atteignait la deuxième moitié de l’ascension. Ça m’a donné des ailes. J’étais vraiment bien en jambes dans les montées en fait, je m’en suis rendu compte au fil des kilomètres. Le Couret d’Asque s’est avalé tout seul, la température montait petit à petit alors que je pédalais au soleil sur la fin de la montée. En arrivant au sommet, que j’adore, j’ai opté pour faire une pause réchauffement là. La température était de 1°C, quel bonheur d’être dans du positif. Quand je pense que la veille ‘javais trouvé qu’il faisait froid avec les 4°C dans la descente du col d’Aspin…

J’ai enlevé mes gants pour prendre le soleil sur les mains et là, alors que la température de mes doigts remontait petit à petit (il ne faisait que 1°C tout de même), la douleur était horrible. Pendant 3 à 4 minutes je me mordais les doigts tellement j’avais mal. Mais une fois que la température des doigts est remontée et que la douleur est passée, qu’est ce que c’était agréable de pouvoir enfin bouger les doigts et faire quelque chose avec les mains^^

J’ai envoyé un texto à Cyrille car je lui avais dit que je le tenais au courant mais je ne pouvais pas utiliser mon téléphone avec les doigts gelés.

J’ai aussi enfin pu reprendre des photos car depuis 2 h je n’en avais pas pris, c’est bien dommage car les paysages entièrement givrés c’est super beau mais là c’était pas possible de manipuler l’appareil…

Vue depuis le Couret d’Asque, enfin je peux prendre des photos !!

En attaquant la descente vers Banios dans le froid…

Après une bonne vingtaine de minutes passées au sommet du Couret d’Asque, j’ai quand même songé à repartir. Je serai bien resté à profiter du soleil mais j’avais encore la descente à faire puis les 8 kilomètres du col des Palomières avant de descendre sur Bagnères et de faire la petite vingtaine de kilomètres restants dans la vallée.

La descente du Couret d’Asque a été assez pénible puisque je repartais au fin fond des Baronnies tout en bas et la température s’est de nouveau mise à chuter à….-7°C, comme ça j’étais servi… J’ai fait la descente sur les freins mais sitôt arrivé en bas, la montée a recommencé et là je me suis empressé de pédaler vite pou remonter au soleil avant que mes doigts ne refroidissent de nouveau.

J’étais vraiment en jambes, les passages à 10% sont passés très facilement sur 39×25, j’avais même l’impression de trop mouliner. Et finalement la montée du col des Palomières est passée très vite.

Dans le col des Palomières.

Les jambes sont bonnes sur les passages à plus de 10%

Marsas

Une fois aux Palomières j’étais devant la porte de sortie des Baronnies. J’ai profité un peu du paysage, j’ai grignoté et j’ai attaqué la descente. Il faisait 2°C au sommet, je pouvais lâcher les freins et ne pas trop souffrir du froid. J’espérais en plus que la suite dans la plaine soit baignée de soleil.

Col des Palomières, que ça fait du bien !

Vue splendide sur la plaine

…et les Baronnies….

Dans la descente, le Pic du Midi est juste là dans la lumière du soleil du coup on ne le voit pas sur la photo.

Une fois redescendu à Bagnères c’est parti pour le retour mais là il y avait une dernière surprise, un bon petit vent de face venant du Nord. Non seulement il me ralentissait mais il refroidissait l’air. Une tuerie jusqu’au bout cette sortie… Sur la fin la température a daigné atteindre les 5°C mais ça m’a paru bien long ces derniers kilomètres.

Quel soulagement en rentrant (à l’avance pour le repas du coup). Je suis allé me mettre au chaud très vite mais c’est là que j’ai été impressionné de sentir mes jambes glacées ainsi que mon visage et mes doigts qui étaient pourtant moins froid qu’au début.

Je n’avais pas trop souffert au niveau des pied et pourtant j’étais pieds nus sur le carrelage dans l’entrée et j’avais l’impression qu’il était tiède.

Bonne année !!

Je m’en souviendrai de ce 1er janvier^^

En tout cas j’aurais mieux fait de rester dormir au chaud, mais bon je me dis qu’il faut aussi avoir un mental de guerrier si on veut se faire des belles sorties, là c’était un peu trop mais ça me fait quand même une traversée des Baronnies entière pour lancer 2017 avec 65 km et 1250m de D+. Ce qui est dommage c’est que les jambes étaient bonnes et si il avait fait un peu moins froid j’aurais vraiment pu me faire super plaisir dans la montée du col d’Aspin d’autant qu’elle est exposée en plein soleil sur ce versant, mais bon fallait arriver au pied dans la vallée quoi…

Et puis heureusement que je connais bien les Baronnies depuis tout petit, déjà je connais les routes et puis je peux au moins savoir exactement ce qui m’attends comme montées et pourcentages, parce qu’avec ce froid, si en plus je en savais pas à quoi m’attendre…

J’espère que ce sera ma pire sortie de 2017^^ En attendant j’ai gagné des engelures sur les 10 doigts…

(4 commentaires)

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  1. bosses21

    Salut Idris !
    Ben pas de bol pour les engelures ! Cette vague de froid est une tuerie, je te jure que je la sens bien tous les jours avec l’AR en vélotaf 😉 ! Du coup, pas de sortie en vélo de route depuis le début de l’année mais je me suis rabattu sur le VTT avec lequel je m’éclate (neige entre 300 et 600 m), je suis à l’abri du vent, faible vitesse et une bonne activité m’ont empêché d’avoir froid. C’est un peu nouveau mais je trouve que c’est l’idéal pour une bonne préparation pour cette nouvelle saison.
    Amitiés.

    1. Idris

      Salut Joris 🙂

      Merci pour ton message 🙂
      Ouais tu dois pas t’amuser sur le vélo le matin, la semaine dernière j’ai eu aussi à aller à des rdv en vélo, c’était pas joyeux…
      En plus là le 1er janvier c’était pas encore la grosse vague de froid de la semaine dernière.

      J’ai pu aller au col d’Aspin le 7 janvier et c’est juste après que ça a commencé avec beaucoup de neige en montagne puis ensuite la vague de froid. 🙁

      J’avais hésité à faire du VTT samedi et d’aller pédaler dans la neige sur les chemins mais finalement après avoir été dans le froid toute la matinée au marché de Bagnères, j’ai préféré rester au chaud l’après midi. Du coup ça a été petite sortie en vélo de route dans les Baronnies de nouveau pour hier.

      Mais c’est vrai que tu as eu une bonne idée pour le VTT 🙂

      En tout cas vivement l’été 😀

      A bientôt j’espère Joris !! 🙂

  2. Nikko

    Bonjour Idris,

    Je suppose que tu as entendu parler de température ressentie (ou refroidissement éolien). Un -7 annoncé devient facilement un -10 (voire plus) sur un vélo en mouvement.
    Moi c’est simple, en dessous de +5 je réfléchis à savoir si j’ai vraiment envie de sortir en vélo 😉 et à partir de 0 je ne sors plus. J’ai déjà connu ton genre d’aventure, je me souviens de mon bidon de boisson énergisante qui s’est transformé en granité en moins d’une heure et je me souviens des descentes verglacées. Brrrrr…

    Encore une fois merci pour tes photos.
    Nikko

    1. Idris

      Salut Nico 🙂

      Oui effectivement le ressenti est encore inférieur. Pour peu qu’il y ait du vent ça peut devenir glacial ouais.
      Il faudrait que je fasse gaffe quand il fait froid mais pour le moment la passion est encore trop forte^^
      Peut être que je vais finir par m’assagir mais visiblement pas encore^^

      Merci à toi 🙂

      A bientôt 🙂

  1. 7 janvier 2017 (2e sortie) : col d’Aspin » velomontagne

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